Leiris

Leiris
Né à Paris en 1901, Michel Leiris est à la fois poète, ethnographe, critique d'art et essayiste, mais c'est son œuvre autobiographique qui s'impose nettement comme la partie la plus imposante de son activité d'homme de lettres.
Tout au long de sa vie, Leiris mêlera son nom à certains courants de pensée qui ont marqué d'une empreinte indélébile l'histoire de la littérature et des arts au XXe siècle. Le nom de Leiris se murmure pourtant à peine lorsqu'on parle du surréalisme, du Collège de Sociologie ou de l'existentialisme. Cet homme qui, de son propre aveu, a toujours préféré le rôle de second à l'éclat des premiers rôles, est l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle.

Michel Leiris a fait son apprentissage en poésie sous la férule de Max Jacob.
En 1922, il rencontre le peintre André Masson qui devient son "mentor". C'est par son intermédiaire que Leiris adhère au mouvement surréaliste. Masson va l'encourager à écrire; le premier livre imprimé de l'écrivain porte la marque du peintre. Simulacre (1925), un recueil de poésies, est en effet orné de lithographies de Masson.
En 1926, Leiris se marie avec Louise Godon et devient le beau-fils de Daniel-Henry Kahnweiler, le célébrissime marchand de tableaux.
A la même époque, Michel Leiris collabore à La Révolution Surréaliste. Il s'y distingue par Glossaire j'y serre mes gloses, de subtiles définitions basées sur des jeux de mots. Le langage apparaît d'emblée comme la préoccupation majeure de l'écrivain, l'objet de son écriture.
Pendant les années vingt, Leiris écrit des textes surréalistes, dont Le Point Cardinal (1927) et Aurora, son unique roman qui ne sera publié qu'en 1946.
En 1929, il rompt avec le surréalisme et devient secrétaire de rédaction au sein de la revue Documents que dirige son ami Georges Bataille.
De 1929 à 1930 il y collaborera régulièrement. C'est là qu'il rencontre Marcel Griaule qui lui propose de prendre part à l'une des plus grandes expéditions françaises d'ethnographie du XXe siècle: la mission Dakar-Djibouti (mai 1931-février 1933). Leiris va ainsi parcourir, pendant à peu près deux ans, l'Afrique de l'océan Atlantique jusqu'à la mer Rouge en tant que "secrétaire-archiviste" de la mission Dakar-Djibouti.
L'Afrique donnera à Leiris son premier livre important: L'Afrique Fantôme (1934); il lui doit également son métier d'ethnographe qu'il exerce jusqu'en 1971 au Musée de l'Homme. C'est de L'Afrique Fantôme que date la naissance de deux pratiques conjuguées en un seul et même livre: l'autobiographie et l'ethnographie. Le projet autobiographique est antérieur à la mission Dakar-Djibouti. Leiris tient depuis des années un journal intime, et c'est lors d'une recherche iconographique en 1930 pour Documents qu'il esquisse les premiers traits de ce qui deviendra L'Age d'Homme. Néanmoins, c'est L'Afrique Fantôme qui cristallise pour la première fois le projet autobiographique de Michel Leiris, c'est le premier livre où l'écrivain se donne à voir, s'expose.
C'est un peu faute de mieux que Leiris en est venu à l'autobiographie. Cette boutade de son Journal 1922-1989 est on ne peut plus explicite: «j'aime mieux être premier dans mon village que second à Rome». Leiris ne se faisait donc aucune illusion sur le peu de dignité de son genre littéraire en comparaison de ceux des autres. L'humiliation de cette petite abdication va s'exacerber pour porter l'autobiographie jusqu'à des seuils jamais franchis auparavant: très peu de complaisance envers soi-même, des révélations "honteuses", aucune trace d'héroïsme. L'Age d'Homme (1939), le livre le plus célèbre de Michel Leiris, est un exemple du genre. Il contient toutes les manies du Leiris autobiographe.
En 1940, Michel Leiris entreprend la rédaction de Biffures (1948), le tome qui ouvre La Règle du Jeu, l'œuvre littéraire la plus importante de l'écrivain. Cette règle du jeu, l'écrivain la cherchera pendant à peu près trente-six ans, puisque le quatrième et dernier tome, Frêle Bruit, ne paraîtra qu'en 1976.
Ces trente-six ans, Leiris les vit et les écrit. Sa mobilisation dans le sud oranais au début de la seconde guerre est racontée dans le tome II de La Règle du Jeu: Fourbis (1955). Dans cette région située entre l'Algérie et le Maroc, il vit une brève relation amoureuse avec une prostituée, Khadija. Cette relation est magnifiée dans le dernier chapitre de Fourbis.
En 1957 Tentative de suicide aux barbituriques. Leiris reste deux jours et demi dans le coma et en sort avec une cicatrice au cou, suite à la trachéotomie qu'il a dû subir. Cet événement sera abondamment commenté dans la partie centrale de Fibrilles (1966), le troisième tome de La Règle du jeu. Les multiples voyages de l'auteur (Afrique, Antilles françaises, Chine, Cuba...) fourniront une large matière aux différents tomes de La Règle du Jeu.
En contrepoint de La Règle du Jeu, Leiris fait son métier d'ethnographe, consacre d'importantes études à ce sujet, compose des poèmes et écrit des textes de critique d'art sur quelques-uns des artistes les plus importants du XXe siècle. André Masson, Joan Miró, Alberto Giacometti, Pablo Picasso, Wifredo Lam et Francis Bacon sont les plasticiens à qui il a consacré assidûment des textes du début des années vingt jusqu'à la fin des années quatre-vingt: tout au long de son activité d'écrivain. Michel Leiris prête une écoute très attentive à ses moindres faits et gestes, mais n'est jamais sourd aux cris du monde qui l'entoure. Très peu d'intellectuels auront signé autant de pétitions et de déclarations collectives que lui. Il est notamment l'un des premiers signataires de la "Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie" (Manifeste des 121) publié le 6 septembre 1960.
La publication en 1976 du dernier tome de La Règle du Jeu n'épuisera pas la veine autobiographique de l'écrivain. Il continuera d'écrire des livres participant du genre autobiographique: Le ruban au cou d'Olympia (1981) et A cor et à cri (1988).
Michel Leiris est mort en 1990, mais la quantité impressionnante de manuscrits qu'il a laissés derrière lui est mise peu à peu sous presse. De telle sorte qu'on a vu apparaître depuis 1990 plusieurs publications posthumes, dont le très important Journal 1922-1989 (1992). La majeure partie de l'œuvre de Michel Leiris sera rassemblée dans La Pléiade en 2001.

1925 - Simulacre
1927 - Le Point Cardinal
1934 - L'Afrique Fantôme
1939 - L'Age d'Homme
1943 - Haut Mal
1946 - Aurora
1948 - Biffures (La Règle du Jeu - I)
1955 - Fourbis (La Règle du Jeu - II)
1961 - Nuits sans nuits et quelques jours sans jour
1964 - Grande fuite de neige
1966 - Fibrilles (La Règle du Jeu - III)
1971 - André Masson, "Massacres" et autres dessins
1974 - Francis Bacon ou la vérité criante
1976 - Frêle Bruit (La Règle du Jeu - IV)
1978 - Alberto Giacometti
1980 - Au verso des images
1985 - Langage tangage
1987 - Francis Bacon
1988 - Cinq études d'ethnologie, A cor et à cri
1989 - Bacon le hors-la-loi
1992 – Zébrage, Journal 1922-1989
1994 - Journal de Chine
# Posté le mercredi 28 juin 2006 13:18
Modifié le mercredi 08 novembre 2006 07:10

Boris Vian

Boris Vian
10 mars 1920 naissance à Ville-d'Avray de Boris Paul VIAN. Il aura 2 frères et une soeur (Lélio, Alain, Ninon). Son père Paul VIAN est rentier et le restera jusqu'en 1929.
1927-1932 Petite classe au lycée de Sèvres.
1929 La crise touche de plein fouet les Vian.
1932 Début de rhumatisme cardiaque.
1932-1936 Lycée Hoche à Versailles, interruption de scolarité dues à la maladie.
1935 Typhoïde mal traitée.Première partie du Baccalauréat avec option latin et grec.
1936-1937 Baccalauréat math élém.
1936-1939 Les nuits de Ville-d'Avray s'animent de soirées jazz organisées par les frères Vian.Boris s'intéresse au jazz de Dizzy Gillespie, Louis Amstrong, Sidney Bechet, il se met à la trompette et adhère au Hot Club de France en 1937.
Ses frères
en font autant, Leilo joue de la guitare et de l'accordéon, Alain, lui joue de la batterie et du squizz-box. Les frères Vian organisent des soirées jazz.
1938 À Ville-d'Avray, création, avec des copains, du permier orchestre des frères Vian, Accord Jazz.
1939 Entre à l'École Centrale des arts et manufactures. En sort en juin 1942 avec un diplome d'ingénieur.concert de Duke Ellington à Paris.
- 6 novembre, il rejoint l'École centrale évacuée à Angoulême.
1941 Epouse Michelle Léglise. Commence les Cent Sonnets. Ébauche avec Michelle d'un roman policier et d'une pièce de théâtre.
1942 Vian entre comme trompinettiste dans l'orchestre de jazz amateur de Claude Abadie, avec lequel il participera à de nombreux tournois et concerts, surtout à la libération jusqu'en 1950. Naissance d'un fils, Patrick le 12 avril. Entre comme ingénieur à l'AFNOR ou il restera jusqu'en 1946. Entre comme ingénieur à l'AFNOR
1942-1943 Composition de Conte de fées à l'usage des moyennes personnes et de Trouble dans les andains. Plus ancienne chanson connue, Au bon vieux temps, avec Jhonny Sabrou.
1942-1945 Projets de scénarios cinématographiques.
1943-1945 Composition de Vercoquin et le plancton.
1943-1945 Composition de chansons, dont un ballade publiée dans le bulletin du Hot Club de France : Norme des injures. 22 Novembre Paul VIAN est assassiné à Ville-d'Avray.
1944-1945 Nombreux contacts et relations avec les soldats américains. Jazz pour le Special Service.
1945 Mai. vercoquin et le plancton est accepté par Gallimard.
1945-1946 17 novembre, triomphe de l'orchestre Abadie-Vian au premier Tournoi internationnal amateur de Bruxelle - Nouvelles qui seront réunies dans le recueil Les Fourmis et chronique pour Les Amis des Arts.
1946 Vian fait la connaissance de Sartre et Beauvoir.
- Février. Q
uitte l'AFNOR pour travailler à l'Office du papier.
- Mar
s, Grand Prix pour l'orchestre Abadie-Vian au 9e Tournoi des amateurs à Paris.
- Term
ine le manuscrit de L'écume des jours.
- J
uin. Candidat malheureux au prix de la Pléiade avec L'écume des jours.
- Colabore à la revue La rue.
- du
5 au 20 aout, composition de J'irai cracher sur vos tombes.
-
Sept.-Nov. composition de L'automne à Pékin.
- Novembre, publication de J'irai cracher sur vos tombes sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, C'est le premier livre publié de Vian et le futur Best-seller de 1947.
- T
ermine le manuscrit de L'écume des jours.

1947 - Janvier, Publication de Vercoquin et le plancton.
-
7 février, Plainte légale contre Vernon Sullivan. Vian prépare le faux"original" américain I Shall Spit on Your Graves.
-
Avril, publication de L'écume des jours.
- T
ermine sa première pièce de théâtre, L'équarrissage pour tous.
- Devien
t en juin le trompetiste et l'animateur du "Tabou" jusqu'en 1950.
-
Aout, Vian quitte l'Office du papier et la carrière d'ingénieur.
-
Automne, Publication de L'automne à Pékin et de Les morts ont tous la même peau.
-
Décembre, Début d'une revue de presse dans Jazz Hot.
1948 - Premier recueil de poème publié : Barnum's Digest.
- Deux trad
uctions de Raymond Chandler dans la "série noire".
- Mor
t accidentelle du "Major".
-
Naissance d'une fille, Carole.
- avril Ad
aptation théâtrale de J'irai cracher sur vos tombes.
- P
ublication d'Et on tuera tous les affreux (Le 3ème Sullivan).
- Juillet
Accueille Duke Ellington à Paris.
- Aout,
début de la rédaction de L'herbe rouge.
-
Deuxièmeplainte judiciaire - après amnistie - contre J'irai cracher sur vos tombes.
- Décembre à juillet 1949, publication dans Jazz Hot de la traduction de Young Man with a Horn sous le titre Le jeune Homme à la trompette.
-
Premier recueil de poème publié
1949 - Vian plaide pour Jean Cocteau au cours de l'émission radiophonique " Procès des pontifes".
- Publicati
on du recueil de poème Cantilènes en gelées.
- Publicati
on du recueil de nouvelles Fourmis.
- Renco
ntre avec Miles Davis.
- Int
erdiction Ministériel de J'irai cracher sur vos tombes.
-
Été, période de crise morale, conjugale et financière.
- Décembre, délaisse un peu la trompinette pour raison de santée.
1950 - Vian s'enthousiasme pour la science-fiction américaine.
- Représenta
tion de l'Equarrissage (publié peu après avec le Dernier des métiers).
- Condamnatio
n pour outrage aux moeurs à cause des deux premiers Sullivan.
- Mise a
u point du Manuel de Saint-Germain-des-prés (publié en 1974).
- Boris
Vian rencontre Ursula Kübler, danseuse du Ballet Roland-Petit.
- Été, p
ublication de L'Herbe rouge, Elles se rendent pas compte (Sullivan), Le dernier des métiers, et L'équarrissage pour tous.
1951 Début de vie commune avec Ursula Kübler.
-
janvier, examen de passage à la SACEM.
-
Ecrit le Goûter des généraux, représenter en 1965, tête de méduse, et quelques chansons.
- Compositi
on de L'arrache-coeur.
- Déb
ut de vie commune avec Ursula Kübler.
- Me
mbre du Club des Savanturiers, fanatiques de science-fiction
1951-1954 Composition de fragments du traité de civisme, en partie rédigé contre Sartre et Les temps modernes.
1952 - Nommé Equarrisseur de 1ere classe par le collège de Pätaphysique. Devient plus tard Satrape.
- Divor
ce d'avec Michelle Léglise.
- Période de traductions.
-
Ecrit la plupart des poèmes de Je voudrais pas crever (publié en 1962).
1953 - Boris VIAN et Ursula emménagent cité Vernon avec pour voisin Jacques et Janine Prévert.
- Publication du dernier roman L'Arrache coeur.
- mai, V
ian devient l'un des hauts dignitaires du Collège de 'Pataphysique.
-
Le chevalier de neige, spéctacle de plein air, présenté à Caen.
- Amni
stie qui annule le verdict touchant les oeuvres de Vernon Sullivan.
1954 Mariage avec Ursula Kubler, qu'il avait rencontrée en 1950.
1954-59 Période consacrée à des tours de chant, des productions de disques, etc.. Ecrit de nombreuses chansons dont Le Déserteur, des comédies musicames, des scénarios de films.
1955 - Janvier-Juillet, tour de chant aux Trois Baudets, ainsi qu'à la Fontaine des Quatres Saisons.
- Avril,
enregistre ses Chansons possibles et impossibles, composées de Huit titres dont Le déserteur.
- J
uillet-Aout, tournée en province.
1956 - Emploi partiel chez Philips.
- Publication de L'Automne à pékin, version remaniée.
- U
ne Émition de la série radiophonique "La bride sur le cou".
- Mars, In
terrompt définitivement son tour de chant, mais continue la composition de chansons.
- Juin enregi
strement du premier 45 tours rock français avec Boris Vian, Michel Legrand, Henri Salvador.
- juil
let, grave crise d'oeudème pulmonaire.
- Enr
egistrement du premier 45 tours rock français avec Henri Salvador
1957 - janvier, devient employé à plein temps chez Philips : directeur artistique-adjoint pour le jazz et les variétés.
- Vian écrit
Les batisseurs d'empire (publié et joué en 1959).
- septe
mbre, nouvelle crise d'oeudème.
1958 - Publication d'En avantla zizique.... Fin de la revue de presse pour Jazz Hot.
- Passe de Philips à Fonta
ne en tant que directeur artistique.
- Réalise un grand n
ombres d'adaptations.
- Fies
ta, opéra, musique de Darius Milhaud, créé à Berlin.
- O
ctobre, conférence aux Beaux-Arts de Paris sur "Architecture et science-fiction".
- Vi
an termine "Lettre à Sa Magnificence le Vice-Curateur Baron sur les truqueurs de la guerre" pour le Collège de 'Pataphysique.
- Écrit plus de 1
40 chansonsdans l'année.
1958-1959 - Petit rôle cinématographique.
- Démêlés avec les
réalisateurs du film J'irai cracher sur vos tombes.
- Re
prise de collaboration à la revue Constellation.
1959 - Publication des Bâtisseurs d'empire par le Collège de 'Pataphysique.
-
Avril, devient directeur artistique des disque Barclay.
-
mai, émission radiophonique sur le collège de 'Pataphysique.
-
11 juin, Vian et prévert organisent la cérémonie de l'Acclamation solennelle de Sa Magnificence le nouveau Chef du Collège de 'Pataphysique.
Caresse enf
in le doux rêve de se reposer tout en reprenant l'écriture littéraire...
- Publicatio
n des Bâtisseurs d'empire par le Collège de 'Pataphysique.
23 Juin 1959 Mort de Boris VIAN pendant la projection du film tiré de J'irai craché sur vos tombes.
Rédigé en
1943, édité en 1981 : Conte de fées à l'usage des moyennes personnes
Vercoquin et
le Plancton
L'écume des jo
urs, L'Automne à Pékin
L'
herbe rouge
L'Arrache-Coe
ur
Trouble dans les Andains
# Posté le jeudi 29 juin 2006 05:17
Modifié le mercredi 08 novembre 2006 07:23

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant
Emmanuel Kant est des plus grands philosophes allemands, fondateur de la philosophie critique. Il est issu d'une famille modeste de Königsberg, où il demeurera toute sa vie. Sa mère piétiste et dévote protestante influence profondément son esprit. Grâce à un oncle cordonnier aisé, il peut suivre des études complètes de théologie, de philosophie et de sciences (mathématiques). A la sortie de l'université, il passe quelques années hors de sa ville natale comme précepteur.
Puis, à p
artir de 1755, Kant enseigne la logique, la métaphysique et les sciences à l'université de Königsberg où il s'installe définitivement.
A partir de 1794
, il se consacre entièrement à ses recherches philosophiques. Toute sa vie, empreinte d'austérité et d'une extrême régularité, est tournée vers la méditation, l'étude et l'enseignement. Kant est un admirateur enthousiaste de la Révolution Française et heureux voir les idées de Rousseau se concrétiser.

On distingue généralem
ent deux périodes dans la philosophie de Kant. Dans la première, dite pré-critique, il expose une métaphysique proche de celles de Leibnitz et de Wolf pour tenter de répondre à la question de l'origine du monde.
Mais à partir de 1770, sa pens
ée vit un tournant décisif, début de la période dite "critique" (examen des pouvoirs de la raison), où il va construire la philosophie qui lui est propre. Kant y aborde notamment la question de l'origine et des limites de la connaissance (raison théorique) et les possibilités de l'action (raison pratique).

Dans son ouvrage
le plus célèbre, "Critique de la raison pure" (1781), Kant réalise ce qu'il dénomme "une révolution copernicienne" (la Terre tourne sur elle-même et non le ciel autour de la Terre), considérant dans une vision idéaliste que c'est le sujet qui construit l'objet de sa connaissance et non les objets qui définissent la connaissance. Il définit la "raison pure" comme la faculté de connaître a priori (sans recours à l'expérience) la nature des objets, par la sensibilité et l'entendement. Kant démontre en particulier l'impossibilité pour la métaphysique d'être une science en raison de l'absence d'objet réel pouvant lui apporter du contenu. Pour lui, l'homme ne connaît pas les choses "en soi", mais "telles qu'elles lui apparaissent d'après les principes de son organisation comme être sentant et pensant". Dit autrement, les connaissances de l'homme sont celles des phénomènes et il ne lui est donc pas possible, à partir de la "raison pure" de connaître Dieu, l'immortalité de l'âme, le monde, la liberté, le moi... qui ne sont que des concepts et n'appartiennent pas au domaine sensible. La métaphysique, qui en fait des objets, est donc une illusion.

C'est dans la parti
e "idéal" (traitant de Dieu) de la "Critique de la raison pure" que Kant réfute les trois "preuves" métaphysiciennes de l'existence de Dieu :
la preuv
e ontologique (à partir de l'idée de Dieu);
la preuve cosmol
ogique (nécessité d'un être suprême pour expliquer toute existence);
la preuve physico-tél
éologique (sur la finalité du monde).
Dieu, aussi indémontr
able qu'irréfutable, est considéré par l'auteur comme un idéal exempt de défauts.
Qu
elques années plus tard, Kant publie "Critique de la raison pratique" (1788), où il soutient qu'une action est moralement bonne si elle s'accomplit par pur respect du devoir sans considération pour un intérêt ou une satisfaction espérée. La moralité se mesure donc dans l'intention qui conduit à l'action et non sur son aspect extérieur. La loi morale s'exprime sous forme d'un devoir impératif ("tu dois") tel qu'il puisse être érigé en règle universelle. Dieu, la liberté de la volonté et l'immortalité de l'âme ne sont pas du domaine de la connaissance, mais des postulats nécessaires à la raison pratique en tant qu'exigence rationnelle de la morale. Pour le philosophe allemand, l'existence de Dieu est donc une nécessité morale. Sa morale, cependant, ne se fonde pas sur la religion mais sur l'autonomie de la volonté.

Kant aborde égale
ment dans "Critique de la faculté de juger" le jugement esthétique et la téléologie (étude de la finalité des êtres et des choses). Ne croyant pas à la Révélation, ni en l'Incarnation de Dieu en Jésus, (lequel perdrait sa valeur d'exemple) il est cependant persuadé de l'utilité de la religion pour l'ordre et la paix sociale. Kant défend l'idée d'une religion morale dans laquelle Dieu, dont l'existence ne peut être démontrée, est l'initiateur de la conscience morale. Bien qu'approuvé, du fait de sa notoriété, par les théologiens de Königsberg, son ouvrage "La Religion dans les limites de la simple raison" (1793), en pleine révolution Jacobines, est sévèrement réprimandé par le roi pour sa "libre pensée". Respectueux de l'autorité constituée, Kant s'engage à ne plus écrire sur la philosophie de la religion.
Son influence sur la philosophie, qu'il exerce tant par son enseignement que par ses écrits, est immense en Europe en particulier sur l'idéalisme allemand (Johann Gottlieb Fichte, Friedrich Schelling, Friedrich Hegel) dont il peut être considéré comme le fondateur.

Bi
bliographie :
1755 : Histoire
universelle de la nature et théorie du ciel
1770 : De la f
orme et des principes du monde sensible et intelligible
1781
: Critique de la raison pure
1783 : Prolégomènes à toute mé
taphysique future
1784 : Répo
nse à la question "Qu'est-ce que les Lumières ?", Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolite
1785 : Fon
dements de la métaphysique des moeurs
1788 : Critique de la
raison pratique, De l'usage des principes téléologiques en philosophie
1790 : Critique de
la faculté de juger
1793 : La
Religion dans les limites de la simple raison
1795 : Projet
de paix perpétuelle
1797 : M
étaphysique des moeurs
1798 :
Anthropologie
1800 : Logique
# Posté le jeudi 29 juin 2006 05:21
Modifié le mercredi 08 novembre 2006 07:24

Franz Kafka

Franz Kafka
3 juillet 1883 : Naissance à Prague de Franz Kafka.
1
893-1901. Etudes au Lycée allemand de prague (situé dans les étages supérieurs du Palais Kinski).
1901-1906 :
Etudes de droit à Prague, successivement au Karolinum puis au Klementinum. En 1906 Kafka obtient le titre de docteur en droit. Kafka rencontre ses amis (Hugo Bergmann, Oskar Pollak, puis Max brod, Felix Weltsch et Oscar Baum) dans les cafés (l'Arco, le café Louvre ou le Savoy) ainsi que dans des cercles littéraires et philosophiques, clubs et partis politiques.
1907 : Premier e
mploi aux assicurazioni Generali, expérience décevante.
1908 : Kafka rentre à l'O
ffice d'assurances contre les accidents du travail, organisme semi-public où il restera jusqu'à sa retraite anticipée en 1922. Première publication d'un recueil de huit textes dans la revue Hyperion.
1909. Kafka commen
ce la redaction de son Journal.
1910-1911 : Voyages a
vec Max Brod à berlin, à Paris et en Italie. Rédaction commune d'un roman "Richard et Samuel, un petit voyage à travers les pays d'Europe centrale". A Prague, Kafka fréquente les comédiens polonais du théâtre yiddish ce qui suscite chez lui une redécouverte du judaïsme.
191
2 : Publication de Regards (Betrachtung) chez l'éditeur Ernst Rowohlt à Leipzig. Kafka recontre le 13 août chez Max Brod une jeune berlinoise, Felice Bauer. Débute alors une période de doute et d'hésitations entre le célibat et un éventuel mariage avec Felice Bauer. En echo à ses interrogations et à ses craintes, kafka rédige Le Verdict dans la nuit du 22 au 23 septembre. Rédaction d'un nouveau roman, L'Oublié.
1913 : Publication ch
ez l'éditeur Kurt Wolf à Leipzig du premier chapitre de l'Oublié sous le titre Le Soutier. Rédaction de La Métamorphose. Kafka propose le mariage à Felice Bauer mais rompt aussitôt et lui demande de mettre fin à leur relation.
1914 : Par l'inter
médiaire de Grete Bloch, une amie de Felice, Kafka reprend contact avec celle-ci. Les fiançailles sont annoncées en avril mais au cours d'un séjour à Berlin, à l'Askanischer Hof, les amis de Felice et de Kafka leur conseillent de rompre et font peser la responsabilité de cette rupture sur Kafka. Kafka évoque cet épisode dans son journal en employant le terme de "tribunal de l'Askanischer Hof". Dans ce climat de culpabilité Kafka entame la rédaction d'un nouveau roman, Le Procès.
1915-1916
: Faible production littéraire. Publication du Verdict et de La Métamorphose aux éditions Kurt Wolf. Kafka rencontre Felice Bauer à trois reprises et séjourne avec elle à Marienbad en juillet 1916.
1917 : Rédaction
de Communication à une Académie (ce texte sera publié dans la revue Der Jude dirigée par Martin Buber). De novembre 1916 à février 1917, Kafka passe ses soirées chez sa soeur Ottla qui habite au n°22 de la ruelle des Alchimistes, à l'intérieur de l'enceinte du Château. c'est là qu'il rédige de nombreux textes qui seront regroupés dans le recueil Un médecin de campagne. En mars, Kafka s'installe dans un appartement froid et humide situé dans une aile reculée du palais Schönborn, édifice qui abrite aujourd'hui l'ambassade des Etats-Unis à Prague. Secondes fiançailles avec Felice Bauer en juillet et rupture définitive en décembre. En septembre, les médecins diagnostiquent la tuberculose.
1918 : Reflexions
métaphysiques et religieuses reportées dans le Journal.
1919 : Publication du re
cueil Un médecin de campagne et de la Colonie pénitentiaire chez Kurt Wolf. De décembre 1918 à mars 1919 Kafka séjourne à la pension Stüdl à Schelesen. Il y recontre Julie Wohryzek, fille d'un cordonnier, modeste employé de la synagogue. Kafka envisage de l'épouser, projet auquel son père s'oppose violemment. En réaction, Kafka rédige la "Lettre au père", où il évoque l'incompréhension et l'opposition qui ont caractérisé, dés l'enfance, les rapports avec son père.
1920-1921 : Kafka rencon
tre Milena Jesenska qui entreprend de traduire ses textes en tchèque. Milena, généreuse et sensible, parvient à comprendre la personnalité de Kafka et à le soutenir moralement, mais leur relation et leur correspondance se distendent progressivement. Kafka reporte dans son Journal ses reflexions sur la religion juive, qu'il expose également dans ses lettres à Max Brod et à Robert Klopstock, étudiant en médecine atteint de tuberculose, rencontré au sanatorium de Matliary dans les Tatras. Rédaction de Première souffrance.
1922 : Séjour fin janvi
er, à Spindelmühle, dans les monts des Géants, dont les paysages de neige inspirent à Kafka le décor de son nouveau roman le Château. Rédaction de Un champion de jeune.
1923 : Séjour à Müritz
, sur les bords de la Baltique. Kafka y rencontre Dora Dymant, une jeune Juive polonaise qui sera sa compagne des derniers mois. Ils s'installent en septembre à Berlin. Kafka qui s'est rapproché des milieux juifs envisage d'émigrer en Palestine. Rédaction de plusieurs textes : Une petite femme, Le terrier, Joséphine la cantatrice, Le peuple des souris.
1
924 : En mars, devant la dégradation de son état de santé, Kafka est ramené à Prague d'où il est ensuite transporté au sanatorium de Kierling près de Vienne. Il meurt le 3 juin, en présence de Dora. il est enterré à Prague dans le nouveau cimetière juif, à l'est de la ville.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 29 juin 2006 05:29
Modifié le mercredi 08 novembre 2006 07:25

George Orwell

George Orwell
Auteur de l'archétype de la dystopie totalitaire, "1984", George ORWELL est un auteur qui a su faire de la littérature de science-fiction un outil de réflexion politique.

De son
vrai nom Eric Arthur BLAIR, George ORWELL est né à Motihari, le 25 juin 1903, fils d'un fonctionnaire de l'administration britannique des Indes.
Sa f
amille rentre au Royaume-Uni et le jeune Eric obtient une bourse pour le Collège d'Eton. Il y découvre notamment l'idéologie socialiste. Mais les études ne lui conviennent pas, En 1912, il retourne en Inde en s'engageant dans la Police imriale en Birmanie.
C
e qu'il y voit fait de lui un adversaire résolu du colonialisme...
En 1
928, il démissionne et décide de vivre de sa plume.
Pour
gagner son indépendance, il tente sa chance à Paris, où il loue une chambrette dans le Vème arrondissement. Mais il ne parvient pas à vendre sa prose, et, sans le sou, vit - ou plutôt survit - aux limites de la clochardise, gagnant quelques argents en devenant plongeur dans un restaurant. Cette expérience lui inspirera son premier récit, "Dans la dèche à Londres et Paris" ["Down And Out In London And Paris"] qu'il publiera en 1933.
Rentré en Angleterre, obligé de se faire héberger par ses parents, il gagne sa vie en enchaînant les petits boulots : maître d'école, employé de librairie...
E
n 1936, il publie "Et Vive l'aspidistra" où il dénonce la pression de la publicité dans les rues londoniennes...Une commande de son éditeur l'amène à travailler sur la récession économique dans le nord-industriel de l'Angleterre. Au contact des mineurs anglais, sa pensée se rapproche encore un peu plus des idéaux socialistes [Il relatera cette expérience dans "Le quai de Wigan"].
D
ès le début de la Guerre d'Espagne, ORWELL s'engage dans les milices syndicales de gauche, en l'occurence le P.O.U.M., Partido Obrero de Unificacion Marxista [Parti Ouvrier d'Unification Marxiste], aux côtés des Républicains contre Franco. Blessé, il voit les Communistes se retourner contre leurs alliés d'extrême-gauche et en etire un dégoût profond de la politique extérieure de l'URSS. De ses souvenirs difficiles, il fera aussi un livre, "Hommage à la Catalogne" [1938], où il dénonce l'écrasement des anarchistes par les communistes.
En 1939,
après un séjour au Maroc, il est réformé, à cause de sa blessure. Mais il se fait embaucher comme speaker à la BBC.
E
n 1943, il devient directeur de l'hebdomadaire The Tribune, puis envoyé spécial pour The Observer en France et en Allemagne, où il chronique la vie politique.
Mais ORW
ELL n'a jamais cessé d'écrire. Il publie en 1945 "La Ferme des animaux", violente parabole anti-stalinienne qui connaîtra d'autant plus de succès que la Guerre froide vient de naître.
Quant
à son chef-d'oeuvre, "1984", ce sera sa dernière oeuvre : malade de la tuberculose, il meurt à Londres, le 21 janvier 1950

•1933 :
Dans la dèche à Paris et à Londres
•1934 : Une
histoire Birmane
•193
6 : Et vive l'aspidistra
•1937 : L
e quai de Wigan
•1938 :
Hommage à la Catalogne
•1939 : Un
peu d'air frais
•1945 :
La ferme des animaux
1949 : 1984
# Posté le jeudi 29 juin 2006 05:37