qu'est ce que les lumière?

qu'est ce que les lumière?
Pour ce texte j'ai un commentaire très complet mais pas simple du tout alors je le donne pour les gens doués!!mais j'en met quand même un autre!!!

pour personne très douée en français!:


LES LUMIÈRES

Qu'est-ce que les Lumières ? (1784) Emmanuel KANT(1724-1804)

Questions de lecture analytique à envisager
•« En quoi a-t-on affaire à un discours argumentatif ? »
•« L'argumentation de Kant est-elle efficace ? »
•« D'après ce texte, qu'est-ce que les Lumières ? »
•« La définition des Lumières selon Kant correspond-elle à celle qu'en ont tous les « Philosophes » du XVIIIème siècle ? »
•« Kant se montre-t-il plutôt convaincant ou persuasif dans cet extrait ? »


INTRODUCTION
- Psentation de l'auteur et du contexte (bio. liée à l'½uvre etme à l'extrait, histoire des ies, courant culturel, scificité de luvre...) : mouvement philo. du XVIIs. en Angleterre puis suivi en Allemagne, à la fin du XVIIè s., permis, notamment, par la monarchie constitutionnelle (principe des « monarques éclairés »), qui revendique la liberté de l'hm pour fonder son bonheur individuel, par un travail autant moral que physique sur soi. En France, L'Encyclodie sera l'entreprise iologique et littéraire qui réunira ceux qui se sont appelés « Les Philosophes » autour desmes objectifs : vulgariser les connaissances pour les mettre à la portée du plus grand nombre (c'est-à-dire, tout de même, seulement, ceux qui savent lire, qui sont, à cette époque, très marqués socialement : haute bourgeoisie et aristocratie – paradoxe – ), s'opposer aux siècles de dogmatisme religieux enmontrant que les interprétations bibliques de l'Eglise sont fausses et que l'homme ne peut s'en remettre qu'aux « Lumières » de la Raison pour vivre libre et heureux.
Kant, philo. allemand du XVIIIè s. a théorile principe de liberté en liaison avec celui de volonté. Professeur de logique et detaphysique, on comprend qu'il ait été autant attiré par une réflexion sur la raison que sur le spirituel. C'est pourquoi Critique de la raison pure suivi de Critique de la raison pratique marquent une rupture dans ce scle qui sacralise la Raison toute-puissante, en affirmant, d'une part, l'impossibilide la connaissance scientifique des choses en soi, d'autre part, en ce siècle antireligieux, l'idée que seule la foi en l'immortalité peut apporter le salut et la paix au monde. D'autre part, son parcours personnel (d'origine modeste, il est pourtant nom maître de conférence à l'université de Königsberg à l'âge de 31 ans) explique également qu'il pne que « vouloir c'est pouvoir », conforment à l'adage populaire.
- Présentation de l'extrait (genre littéraire, types de textes, registres, situation dans l'économie de l'½uvre, enjeu, construction...) :
A
près ses essais théoriques, Kant, alors qu'il est âgé de 60 ans, éprouve la nécessité de dresser le bilan de l'Aufklärung, lui qui, en tant que philosophe, mais surtout, en tant qu'intellectuel allemand, a été nourri des idées des Lumières dans un petit opuscule de vulgarisation synthétisant et redéfinissant les intentions des « Philosophes ». Il initie l'extrait par une question, dans la tradition philo. antique du « dialogue » platonicien (Le Banquet), pour ainsi pouvoir avancer une « réponse » expliqe en un veloppement argumentatif sur un ton parfois véhément, polémique qui serait peut-être cen faire réagir ses contemporains soumis à la tutelle de telle ou telle autorité.
- Problématique à partir de la question posée par l'examinateur de laquelle découle le plan de la lecture analytique :
Il en appelle ainsi au « devoir de liberté » en développant de manière polémique une thèse qui remet en cause la tradition antique philosophique selon laquelle certains hommes seraient nés pour être esclaves et d'autres mtres (selon Aristote, notamment), un virulent plaidoyer pour l'autonomie.

I – UNE THÈSE POLÉMIQUE
1°) Une argumentation rigoureusement structurée
a)Un article de dictionnaire ?
- Style lapidaire :
. Le fait d'avoir posé une question censée venir de l'extérieur et non de l'émetteur lui-même (il ne s'agit en effet pas d'une interrogation à soi-même) permet d'édicter une réponse sous forme de phrase nominale à l'aspect catégorique :
- La sortie de l'homme de sa minorité, dont il porte lui-même la responsabilité (l. 1-2). Comme dans un dictionnaire, cette structure pose une équivalence immédiate entre le mot à définir et sa définition = portée didactique (Kant : professeur et spécialiste de la Raison, sachant que, par métaphore, les « Lumières » désignent les capacités humaines à exercer cette dernière, à réfléchir par soi-même avant d'accepter d'emblée ce qui est donné comme « vrai » : méthode positiviste).
Ce
tte phrase nominale (sans sujet, par conséquent) permet en outre à l'émetteur de s'effacer derrière une typographie particulière : la mise en relief par les caractères italiques donne l'impression que la « définition » émane d'un ouvrage encyclopédique et constitue une variation énonciative qui éclipse encore une fois le locuteur, pourtant bien présent dans la suite de l'extrait par son engagement et ses prises de position radicales.
=
Impression d'objectivité à l'amorce de ce qui pourrait ressembler à un article de l'Encyclopédie fraaise.
-
Verbe être au présent gnomique (varié de psent derinérale qui affirme un fait non démontrable comme vrai, coulant d'une connaissance, d'une expérience incontestable) à valeur définitoire :
«
La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui, minoridont il est lui-même responsable s'il est vrai que la cause en réside non dans une insuffisance de l'entendement mais dans un manque de courage et desolution pour en user sans la direction d'autrui. »
- S
tructure de cette longue phrase complexe :
. Sub
stantifs abstraits (noms communs) renvoyant au concept-clé de la théorie kantienne élucidés par reprises successives : épanode (minori l. 1, 2 et 3 / responsabilité l. 2, responsable l. 4). Répétition qui correspond autant à la volonté de vulgarisation de la thèse (la répéter en l'expliquant pour bien se faire comprendre) que d'un procéd'insistance donnant au discours une ampleur que la longueur de la phrase confirme. Kant vise à être d'autant plus éloquent qu'il emploie la structure hypothétique en hypotaxe (subordination) : « s'il est vrai que la cause... » (l. 4), les lexiques scientifique (« vrai ») et logique (« cause », « entendement » x 5 : l. 3, 5, 7, 12-13, 30).
=
Impression de vérité scientifique incontestable, de raisonnement construit.

b) Explicitation : - Une démonstration apparemment paradoxale :
Or, on
voit apparaître, dès cette 2ème phrase, un vocabulaire moral qui a priori – ne devrait pas participer d'une démonstration aux allures aussi implacablement logiques :
« m
anque de courage et de résolution » (l. 5).
Ce
mot courage, qui vient du mot c½ur, au sens figuré, en latin, est, lui aussi repris comme pour insister et pour marquer la progression d'un raisonnement que l'on peut ainsi aisément suivre. Et pourtant, il n'est pas à mettre sur le même plan (du point de vue d'un raisonnement logique) que ceux qui le précédaient, exempts de toute connotation morale (minorité et responsabilité). Si ces derniers appartiennent au lexique juridique, le mot courage, lui, renvoie à une « qualité de c½ur » que l'on attribuait d'ailleurs traditionnellement aux « braves » : les généreux chevaliers médiévaux (« sans peur et sans reproches »), les héros « bien nés » de l'histoire antique, par exemple, puisque cette époque est évoquée immédiatement à la phrase suivante (via Horace) en matière de conclusion au premier & : « Sapere aude » (l. 6). Mais Horace ne s'adressait pas à n'importe qui : seulement à ses disciples de l'aristocratie hellène... Or, aux lignes 15-16, Kant résume dans une formule ironique – puisqu'il a pris fictivement la place de l'un des « mineurs » qu'il attaque – en prosopopée, le raisonnement (ou refus de se servir de son « entendement ») de ceux qui préfèrent le joug à l'indépendance intellectuelle :
« J
e n'ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer »
L
e connecteur logique (pourvu que) et l'homéotéleute (en [e] : penser // payer) donnent à la formule l'aspect de la logique implacable, renforçant ainsi le décalage comique qui en résulte puisque son sens est absurde. Kant se fait donc au passage « critique de la raison pure » ou de la logique pure qu'il distingue de l' « entendement » : bon sens, esprit critique, capacité à juger par soi-même sur des bases expérimentales propres et non grâce à des « Préceptes et formules » qu'il dénonce à la ligne 31, comme des « instruments mécaniques d'un usage de la raison ».
Sans doute ce courage (qui fait écho à la question de son père à Rodrigue, dans Le Cid : « Rodrigue, as-tu du c½ur ? », autrement dit, « Es-tu digne de défendre l'honneur de ta lignée, comme le veut le rang de ta naissance ? ») peut-il renvoyer aussi à la virtus romaine, courage guerrier et sens de la probité, de l'honneur, dans la mesure où il rejoint l'idée chère à Kant de « dignité humaine ». Autrement dit, être un homme, pour Kant, revient à être digne de sa spécificité humaine (par opposition aux animaux : « stupide » « bétail » l. 21).
-
C'est que Kant considère la conquête de la liberté comme un devoir d'accéder à la condition d'homme civili:
. p
ériphrase rendant la difficulté de cette tâche : « cette pénible besogne » l. 16-17
- Une
démonstration doctorale :
.
l. 8 « Paresse et lâchesont les causes qui font que... »,
l.
9-10« ...et c'est ce qui explique pourquoi... »
= con
necteurs de cause dont le second est mis en relief par le présentatif emphatique c'est, donnant ainsi à la démonstration un ton plus docte, en une période aux accents presque triomphants du « CQFD » scientifique.
.
Formule axiomatique, « à l'ancienne » : « Paresse et lâcheté sont les causes qui font que beaucoup d'hommes aiment à demeurer mineurs leur vie durant, alors que la nature les a affranchis depuis longtemps d'une direction étrangère (naturaliter maiorennes) et c'est ce qui explique pourquoi il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. » l. 8-12 = substantifs abstraits attributs antéposés au verbe par anastrophe, pour les mettre en relief (ils constituent en effet la « solution » qu'apporte le philosophe à la problématique « dominé/dominant »), comme dans les proverbes (// « Oisiveté, mère de tous les vices », « Prudence et longueur de temps vaut mieux que ... ni que rage. ») directement calqués sur la syntaxe latine (phrase analytique).
.
Complexité de cette phrase dans laquelle la multiplication des subordonnants engendre une allitération en [k] rendant l'impression d'imbrication des rapports logiques cause / conséquence.
. A
rguments d'autorité :
. Exemples d'autorité :

c)Analyse : développement des exemples- Exemple hypothétique : « Si j'ai un livre... » : stratégie argumentative : au départ, identification permise par l'intervention de la P1 sg, puis désolidarisat° causée par la caricature du « mineur » incapable de penser par soi-même.
- D
istanciation par rapport à « la grande majorité des hommes » intro. par la conjonction de subordination « Que » : anastrophe permise par le recours au présentatif de mise en relief emphatique
=
Texte construit en crescendo du point de vue de sa véhémence et de son ampleur polémique.
-Tu
teurs évoqués par le biais de la métaphore fie (l. 21) :veloppée à partir de l'aspect inchoatif du verbe (l'action est envisagée dans son commencement) + « ensuite » 22 : dénonce la pditation, l'aspect méthodique, concerté avec lequel les « dominants » mettent en place leur stratégie oppressive.
D
e plus, comme le fait comprendre le philosophe, son rôle est de déchirer le voile de l'illusion qui aveugle celui qui n'est pas « éclairé » (conforment à la culture platonicienne de l'allégorie de la caverne). Or, les oppresseurs sont des « illusionnistes » : « Ils leur font voir » l. 23

d)Péroraison l. 31-38 (fin)
- la péroraison, conclusion d'un texte (morceau d'éloquence où l'émetteur est censé entraîner définitivement l'adhésion du récepteur par un trait d'esprit, une période particulièrement harmonieuse ou un autre procédé qui persuade le récepteur), de Kant se trouve de la ligne 31 à la fin du texte. Il y met en garde les « mineurs » : devenir majeur n'est pas aisé. Le Philosophe utilise d'ailleurs une multitude de propositions subordonnées « qui enchaîne une minorité qui se prolonge »
P
ropositions qui par définition sont reliées à une indépendante et ne peuvent exister sans elles tout comme les mineurs sont reliés et ne peuvent exister sans leurs tuteurs.
- L'aute
ur utilise un vocabulaire scientifique « instrument mécanique » « précepte » « formules » et se sent obligé de les définir par la suite pour permettre la vulgarisation de son texte « ces instruments mécaniques d'un usage de la raison ou plutôt de mauvais usage des dons naturels » (auto-correction pour faire avancer la réflexion / explication : épanorthose) contrairement à précédemment la définition ne semble être extraite d'un dictionnaire elle est orientée selon l'opinion de Kant. Cette définition est incluse dans la phrase grâce à l'insertion de deux indépendantes.
-
toute la fin du texte est construite sur des phrases négatives « ne saurait » « n'est pas ».
Et un vocabul
aire connoté de façon péjorative « mauvais » « enchaînement » « maladroit ». Kant appuie sur la difficulté de la majorité et le « peu » de personnes qui y arrivent tout en ayant « un parcours assuré ». De plus nous trouvons une métaphore in absentia où le comparant est le bétail et le comparé le mineur « secouerait ses chaînes ne saurait faire qu'un saut maladroit par-dessus le fossé ». Cette comparaison est à nouveau péjorative. Nous trouvons pourtant le champ lexical du mouvement qui pourrait éventuellement évoquer un changement : « secouerait » « saut » « mvt » mais cette action se brise avec l'adjectif « maladroit ». Il semblerait que cet esprit des Lumières veuille éveiller l'orgueil des mineurs en leur montrant la difficulté. Les mineurs voudront ainsi prouver qui sont plus fort que ce que Kant ne croit. Le problème de ce texte est que l'individu visé ne se considérera par forcément en tant que mineur.
2°) Les modalités de la dénonciation


a)L'engagement / implication de l'auteur, à titre personnel :
- Adv. d'intensi : « si facile » l. 11 oppo à « si pénible » l. 19
+ modalité exclamative de la phrase : « Il est si confortable d'être mineur ! »
=
véhémence
-

-

b)Une double accusation :- Voca. polémique : vers le reproche :
.
Termes négatifs :
préfixes privatifs « incapacité » (l. 2), « insuffisance » (l. 4)
p
hrases à la forme négative : « Je n'ai pas besoin » l. 15
pr
épostion nég. : « sans » l. 3, 6
lexique négatif : « manque (de courage) » (l. 5)
-
« Mineurs » coupables de faiblesse morale :
. Force de l'implicite par commentaire entre tirets de l'auteur, intervenant ainsi pour nous imposer la prééminence de son point de vue : l. 18-19 « ...tienne pour très dangereux le pas qui mène vers la majorité – ce qui lui est d'ailleurs si pénible –»
=
Non seulement la « majorité » des hommes et des femmes sont paresseux, mais, en outre, ils sont dépourvus de tout esprit d'initiative, de tout goût du risque qui caractérise les « êtres supérieurs » que sont les héros = être indépendant est être héroïque.
-
« Tuteurs » coupables de tyrannie :

c)Vers une condamnation sans appel :- Voca. moral utilisé à la limite de l'insulte :
. Anastrophe l. 8 « Paresse et lâcheté sont les causes qui font que... » : autrement dit, « la grande majorité des hommes » (l. 17) sont paresseux et lâches, ce qui avait déjà été annondans le premier &, mais par la négative et non par l'affirmation de ces fauts : « un manque de courage et de résolution » l. 5. On va donc vers une radicalisation des propos.
- Mouvementnéral de crescendo vers la généralisation :
.
De « beaucoup d'hommes » (l. 8), on passe à « la grande majorité des hommes (y compris le beau sexe tout entier) » (l. 17-18) avec un appel de sens permis par la polysémie du mot majorité : « Que la grande majorité des hommes [...] le pas qui ne vers la majorité », produisant ainsi – peut-être bien involontairement une antanaclase à visée injonctive : implicitement, le terme de majorité enjoint « la plupart » des hommes à la liberté, seule condition humaine acceptable, pour Kant.
- Ironie :
. Périphrase par trop convenue : « le beau sexe » l. 17
.
Dénonciation implicite de la « paresse » et de la « lâcheté » de la « majori des hommes » : « si pénible » l. 19
.
Antiphrase : « c'est ce à quoi veillent les tuteurs qui, dans leur grande bienveillance, se sont attribués un droit de regard sur ces hommes » l. 19-20.
.
Accusation qui tranche avec la longue explication des causes de la minorides hommes l. 8-12 : « Il est si confortable d'être mineur ! » l. 12 = la modalité exclamative, la simplicité synthétique de cette phrase, l'intonation ironique qu'elle suppose, dans ce contexte, marquent une surenchère : sarcasme.

3°) Une idée « révolutionnaire »a)Une forme de révélation- Un philosophe « éclairant » de ses lumières les hommes plongés dans des abîmes d'obscurantisme :
.
« Que la grande majorides hommes (y compris le beau sexe tout entier) tienne pour très dangereux le pas quine vers la majorité... » : la plupart se méprennent et le philo. dissipe l'illusion en démêlant le faux du vrai. = En cela, il serait une sorte de libérateur.

b)L'appel à la révolte- Fonction phatique (ou conative) du discours :
. Appel à l'autre : qd l'auteur se « met à la place » d'un sujet quelconque qu'il prendrait pour exemple, ac P1 sg :
« Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui me tient lieu de conscience morale, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., quel besoin ai-je alors de me mettre en peine ? Je n'ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer ; d'autres se chargeront bien de cette pénible besogne. » l. 12-17
=
Le lecteur refuse le processus d'identification en se désolidarisant peu à peu de ce « quidam », de ce parfait imbécile (au sens étymologique et figuré : « qui a besoin de béquilles ») auquel il aurait honte de ressembler. Ce « jeu de rôles » est d'autant plus choquant pour le lecteur que c'est un « Philosophe », un être dont la fonction est de penser qui s'en dispense ainsi fictivement, hypothèse Si j'ai un livre... ») irrecevable.
. 3 occurrences de termes renvoyant à l'image de la surveillance : veillent, bienveillance, droit de regard, visant à rendre l'attitude des « tuteurs » insupportable par lapétition martelée en surenchère (le dernier terme juridique dit implicitement le caractère presque illégal de cette ingérence). Attitude qui passe par conséquent de « bienveillante » à strictement odieuse. Lecalage entre ce que l'émetteur semble dire (explicitement) et ce que ressent le récepteur (enchiffrant le double langage qu'est l'ironie) rend l'argumentation d'autant plus efficace.

II – UN PLAIDOYER POUR L'AUTONOMIE (cf programme de 2nde sur le genre épidictique : l'éloge et le blâme)

1°) L'HÉTÉRONOMIE REMISE EN QUESTION« La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui » l. 3
«
...manque de courage et de résolution pour en user sans la direction d'autrui » l. 6
= épiphore.
« ...alors que la nature les a affranchis depuis longtemps d'une direction étrangère [...] pourquoi il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. » l. 11-12

2°) NATURE ET CULTURE
a)Principes de la philosophie antique sur lesquels se fonde le raisonnement- Personnification : « la nature les a affranchis depuis longtemps » l. 9-10
- Recours à la philosophie antique « dans le texte » : « (naturaliter maiorennes) » l. 10


b)Le dogmatisme des institutions socio-religieuses empêchent de penser« Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place » l. 12
« un directeur de conscience qui me tient lieu de conscience morale » l. 13-14
«
un médecin qui décide pour moi de mon régime » l. 14
=
nonciation implicite, grâce à l'article indéfini et au propériphrastique, de l'emprise indue que peuvent avoir la bible et les prêtres (à noter que l'attaque du médecin est plus directe... car moins risquée).

CONCLUSION// développement actuel du « coaching » pour pallier à une paresse de la volonté, or, pour Kant, la volonté est la caractéristique qui fonde l'être humain.


En prolongement pour préparer l'entretien
Quand, où et pourquoi est né le mouvement des « Lumières » ?
Que désigne-t-il exactement par le terme de Lumières ?
Comparez la théorie de Kant à celle de Rousseau dans le Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes.
Les idées des Lumières ont-elles permis le progrès auquel aspiraient les « Philosophes » ?
Dans quelle mesure la théorie que développe Kant dans cet extrait est-elle encore d'actualité ?

# Posté le jeudi 06 juillet 2006 04:02

les lettres persanes

Enjeu de l'extrait :
- Ra
pport entre contexte historico-politique et forme que prend lanonciation.
- Spécif
icité : genre épistolaire (utiliser ses notions de cours).
-
Comment transparaît le contexte contemporain des Lumières à travers la fiction épistolaire ? (la fiction épistolaire / la couleur locale / la dénonciation politique).
-
Satire du gouvernement français ou de la candeur persane ?
-
Registre comique au service de la persuasion.
- L
es différents niveaux d'énonciation dans ce texte.
- Quelles
formes prend la critique dans cette « lettre » ?

S
TRATEGIE ARGUMENTATIVE

1
°) LE REGISTRE COMIQUE : établir une connivence avec le lecteur

- La cap
tatio benevolentiae se fait surtout par le biais comique : le lecteur espère se divertir à travers cette correspondance fictive qui met en scène des personnages, pour lui, pittoresques.
. mé
canisation de l'humain (l'un des ressorts les plus puissants du rire, selon Bergson) : « Un homme qui vient après moi, et qui me passe, me fait faire un demi-tour, et un autre, qui me croise de l'autre côté, me remet soudain où le premier m'avait pris » 18-20
. comique de mots : « j'enrage quelquefois comme un Chrétien » l. 15, « leur machine » l. 12 : appellation inattendue de notre corps mais, surtout, Montesquieu en profite pour s'attirer plus spécifiquement la sympathie des « gens d'esprit » qui auront reconnu la discrète allusion à la théorie des « animaux-machines » de Descartes.
. satir
e : procédé comique qui consiste à se moquer d'un groupe humain pour en dénoncer les défauts (enjeu polémique et revendicatif). : de l'empressement des Parisiens // Embarras de Paris de Bossuet // Satires de Juvénal (latin).
. carica
ture :
. p
ortrait-charge :
. comique de répétition :
.
comique de gestes :
. comi
que de situation :
.
comique de m½urs :
.
comique de caractère : candeur
. i
ronie
= au service de la critique

) LES DIFFERENTS NIVEAUX D'ENONCIATION
Lettre
fictive : le lecteur contemporain de Montesquieu, homme de lettres, apprécie le parti pris de cosmopolitisme des Lettres Persanes (presque un siècle auparavant, Louis XIV avait déjà mis au goût du jour la Turquie). L'Orient en général, est à la mode. En effet, le point de vue d'un « autre monde » semble être une technique de mise à distance qui correspond à la formation de l'esprit critique : L'Autre Monde Cyrano de Bergerac, XVIIè s., Fontenelle, XVIIè s. Entretiens sur la pluralité des mondes.
Emetteu
r fictif : Rica, première lettre de Paris
Réce
pteur fictif : ami resté à Ispahan
C
ouleur locale : intervention du nom propre qui porte, en soi, phonétiquement parlant (diphtongue mimant, par son allongement vocalique, l'évasion), un pouvoir d'évocation : « Paris est aussi grand qu'Ispahan » // contes des 1001 nuits.
L. 13
« nos chameaux » : possessif qui renvoie à une communauté très marquée culturellement dans l'imaginaire collectif français, image du « différent ».
De même
que la langue « imagée » que l'on prête au orientaux : « ville bâtie en l'air ».
Ou le fait que Rica ne s'exprime pratiquement que par analogie : effet de réel du voyageur qui compare ce qui l'entoure à ce qu'il connaît.
D
ouble énonciation :
Eme
tteur réel : Montesquieu (caché derrière l'anonymat + éditeur hollandais)
Réc
epteur réel : ses contemporains lettrés, philosophes ou autres.
. C
onservation de l'année du calendrier français.
. Du
but de la lettre, à sa fin, le ton change : étonnement, naïveté (redit aux l. 22-24) puis attaque directe du « roi de France » cité dès l'entame du paragraphe et du « Pape » au dernier paragraphe. A part la comparaison avec un « magicien » qui peut très bien d'ailleurs émaner de Montesquieu lui-même en dénonçant le charlatanisme du roi et du pape (ironie), il ne reste plus, dans ces 3 derniers paragraphes, grand-chose de la couleur locale.
.
Dévaluation (banqueroute de Law) est à peine voilée : monnaie précise (« écus ») et non monnaie persane, réf. au « papier monnaie » très claire : « morceau de papier est de l'argent »
= Le voc
a. est plus simple, la modalisation moins présente : « ce roi est un grand magicien » (procé stylistique du genre épidictique : faux éloge), « il exerce son empire sur l'esprit » : présent d'habitude qui pose comme établies des m½urs absurdes, « il y a un autre magicien » à différencier des modes conditionnel et subjonctif utilisés l. 10, 22...
Voir
e triple :
Mon
tesquieu adopte et traduit également le point de vue de la majorité des hommes des Lumières en attaquant la monarchie absolue et l'Eglise.
Réce
pteurs : message qui porte vers un monarque de droit divin et un pape disparus. // dates des événements (1712-1720) publication des Lettres persanes (1721), une fois cette monarchie absolue disparue (cf m½urs sous la Régence puis Louis XV).
=
force de l'argumentation tient à son aspect indirect.

# Posté le vendredi 10 novembre 2006 13:55

Lettres persanes (2)(lettre 24) Montesquieu

Lettres persanes (2)(lettre 24) Montesquieu
1.Situation du texte

Publiées a
nonymement en 1721, à Amsterdam, les Lettres persanes racontent le voyage en Europe de deux Persans, Usbeck et Rica. Leurs aventures se déroulent sur plusieurs années, de 1712 à 1720. Commencées sous le règne finissant de Louis XIV (il meurt en 1715), elles se terminent huit ans plus tard sous la Régence. Les lettres 1 à 23 relatent le voyage qui conduit les héros à Paris. La lettre 24, dont nous reproduisons un extrait dans le livre de l'élève, est la première lettre écrite depuis Paris. Le séjour parisien va durer trois années, de 1712 à 1715, date de la mort de Louis XIV

2. Les indices de la lettre

Les indices externes : comme dans les autres lettres, celle-ci porte la mention du lieu et du moment de renonciation, ici, Paris et la date. Cette dernière mêle le calendrier lunaire musulman et la datation du comput chrétien (le jour et l'année) « Rebiab II » désigne le mois de juin, « Rebiab I » désignant mai. Les Persans sont donc arrivée le 4 mai à Paris, terme d'un voyage commence en mars 1711. Les indices fonctionnent ici comme des procédés d'aurhentification de la fiction orientale.

Les indices internes sont caractéristiques du système du discours et du genre épistolaire : pronoms qui renvoient à l'émetteur et au destinataire : ici le « je » désignant Rica (il s'agit de sa première lettre, toutes les précédentes étant de la main d'Usbeck), du « nous » englobant Usbeck dans le premier paragraphe. On relèvera l'emploi du tutoiement par l'auteur de la lettre et les nombreuses formules impliquant le destinataire (1.6, 10, 22, 39). Les temps sont ceux du discours; on remarquera l'emploi massif du présent, temps de l'observation des m½urs parisiennes.

Les indices orientaux. Montesquieu multiplie les éléments contribuant à la vraisemblance (une correspondance entre Persans) ; comparaisons qui ramènent l'inconnu à du connu (1. 5, 6) pour se faire comprendre du destinataire et sont une manière de présenter de façon insolite l'architecture parisienne. Comparaison implicite opposant modes de vie parisien et oriental (]. 13, 14); retournement amusant de l'expression populaire « jurer comme un païen », devenue ici « j'enrage comme un Chrétien » (1. 15). On notera l'emploi du terme « magicien » (1. 32) pour désigner le roi et le Pape, terme répété à trois reprises, qui constitue une nouvelle référence à la perception occidentale de la mentalité orientale éprise de magie et d'astrologie (cf. emploi d'<< astro¬logues », 1. 6). On notera la tournure « ce magicien s'appelle Le Pape » (1. 41) qui met bien en valeur ce qu'a d'inconnu pour un Persan une réalité familière aux Européens.

3. Plan du texte

D'abord un bref paragraph
e indispensable à la continuité romanesque et rappelant les circonstances de l'arrivée des voyageurs à Paris. Montesquieu passe vite, l'essentiel est ailleurs. Les deux paragraphes suivants entament la satire des m½urs sur le mode de la fantaisie er de l'humour. Le deuxième paragraphe présente la ville, le troisième les Parisiens et leur impolitesse. Le ton est celui de l'anecdote. Ces deux paragraphes sont une entrée en matière, une sorte de façade destinée à ménager l'apparition de ce qui constitue l'objet profond de la lettre : une satire audacieuse de la monarchie et de la religion. Ce moment est amené par un court paragraphe de transition qui, sous forme d'excuse (« Ne crois pas... »), va pourtant amener une critique qui reflète une observation bien plus profonde que celle annoncée par Rica. Les considérations anecdotiques sur Paris, dans la lignée de Boilcau {Embarras de Paris, Satire VI) cèdent la place à la satire des institutions. De la monarchie absolue d'abord (paragraphes S, G), à travers une présentation irrévérencieuse du monarque ; ensuite du Pape (dernier paragraphe). Le passage de l'un à l'autre se faisant par le biais d'une comparative de supériorité (1. 39,40), reprise par une seconde tournure comparative, d'infériorité cette fois, aux allures de litote. L'emploi du mot « magicien » renforce encore la liaison des deux paragraphes. On attirera l'attention des élèves sur le fait que « son esprit » (1. 40) renvoie au roi de France qui vient d'être évoqué. La critique du Pape s'inscrit donc dans une gradation polémique : le roi a trouvé plus " fort " que lui.

4. Un regard étonné

Le terme clé de la lettre
est celui d'étonnement : « étonner » (1. 24) est repris 1. 39. On rappellera que le terme, qui garde encore le souvenir de son étymologie, a un sens fort au xvnr siècle. Il souligne la surprise du voyageur sensible à la différence entre sa culture et celle qu'il découvre. Présentés à travers cet étonnement, les faits évoqués prennent un relief nouveau et visent à produire chez le lecteur, véritable destinataire de la lettre fictive, vin étonnement similaire à l'égard de sa culture, une prise de distance salutaire par rapport à un monde auquel il adhère ordinairement sans réflexion. L'étonnement est une verni philosophique caractéristique des Lumières.
D'embl
ée Montesquieu la souligne et les marques de cet étonnement sont nombreuses dans le texte : tournure intensive « si hautes » suivie du conditionnel (1. 5, 6); précaution oratoire (1. 10) qui anticipe l'incrédulité du destinataire ; emploi du mot « magicien » pour qualifier le roi et le Pape et qui marque bien la surprise de Rica. Celle-ci est d'ailleurs croissante : « par un prodige de l'orgueil humain » (1. 29-30), « il va même jusqu'à leur faire croire » (1. 37-38), « plus fort que lui » (1. 40).

5. La critique de la monarchie

Le
s critiques sont nombreuses et condensées en quelques lignes. Elles visent moins l'homme que le système absolutiste et sont nourries d'allusions au contexte historique qui rendent leur compréhension souvent difficile pour l'élève.
Le premier paragraphe
critique en passant la politique guerrière de Louis XIV, ruineuse pour un royaume déjà exsangue. Il stigmatise la pratique de la « vénalité des offices » grande pourvoyeuse de fonds mais consacrant - et ce sera l'une des grandes cibles de la critique des hommes des Lumières - le privilège de l'argent ou de la naissance sur celui du mérite. Montesquieu égratigne ses contemporains, leur sotte « vanité », leur « orgueil » prodigieux.
Le deuxiè
me paragraphe attaque la politique royale en matière de finances : le recours au papier monnaie, introduit en 1701 et à la planche à billets ainsi qu'à ce que nous appelons dévaluation. L'évocation du papier monnaie contient en même temps une allusion, claire pour les lecteurs de 1721, à la faillite retentissante de la banque de Law en 1720. Ce deuxième paragraphe est construit sur une série d'exemples obéissant à une gradation polémique et s'attaque à l'absolutisme. L'image du magicien est désobligeante et ravale l'exercice de la royauté à une série de tours de passe-passe. Le roi étant un prestidigitateur, certes habile, mais dont l'efficacité repose avant tout sur la sottise et la crédulité. Le paragraphe s'achève sur l'étormement croissant (« il va même.,. ») du Persan devant les miracles attribués à la personne royale.
Au reste, il y a plu
s fort que lui.

6. La critique du pape

Celle-ci s'avère tout
aussi virulente. La critique de la religion émaille plusieurs lettres, norammcnt la lettre 35. Comme pour le roi, l'application du tenue " magicien " au Pape revêt une valeur ouvertement irrévérencieuse. Le caractère sacré de celui-ci lui est d'emblée ôté : il s'agit, mais c'est aux yeux d'un Persan, ce qui rend la critique moins rcpréhensible en ipparencc, d'un vulgaire manipulateur, d\m illusion¬niste de foire. Particulièrement habile, puisque même le roi de France croit en lui (« pas moins maître de son esprit"). Ce thème de la magie va servir de fil conducteur à la présentation expéditive et rendue mrlesque par son absurdité évidente, contraire au Don sens, du dogme chrétien. D'abord du mystère de a Trinité, puis du mystère de la messe. La formule finale « et mille autres choses de cette espèce » a une connotation dépréciative en « trivialisant » le sacré et aissant entendre bien d'antres tours papaux.

# Posté le vendredi 10 novembre 2006 14:38

Poésie

nouveau thème; la poésie avec Baudelaire.
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# Posté le vendredi 10 novembre 2006 14:44

Les Chats de Baudelaire

Les Chats de Baudelaire
INTRO

Charles Baudelaire né à Paris en 1821 est un des maîtres du symbolisme, mouvement employé pour la première foi en 1886 par Jean Morkeas dans un article de manifeste publié par Le Figaro. Le but de ce mvt est de rompre ac le positivisme scientiste (méthode scientifique des lumières) et matérialiste de l'époque, de réhabiliter une approche sensible de la réalité qui permette de retrouver une secrète harmonie. A la description on préfère la suggestion et l'allusion qui préservent le mystère. On ne peut atteindre le mystère des choses qu'en explorant les réseaux de correspondances, de synesthésies, de symboles et d'analogie. Baudelaire a créé son propre réseau de correspondances appelées les correspondances baudelairiennes. L'aboutissement de ce mvt sera la création du ver libre (=homométrie non respecté). Les symbolistes font un usage nouveau du symbole : alors que la conception classique, la symbolique, est objective, conventionnelle et stable, es adeptes du symbolisme entourent le symbole d'un halo d'ambiguïté et de mystère qui ouvre le champs à de multiples interprétations. Le père de Baudelaire François Baudelaire peintre à ses heures décède alors que Charles n'a que 6 ans. reporte alors toute son affection sur sa mère qui pendant un an lui appartiendra. Quand sa mère, Caroline Dufays se marie au général Aupick il le vit très mal, ce traumatisme lui restera à vie. Dès l'âge de 18 ans résolu à se consacrer à l'écriture il entame une vie d'insouciance et de bohême dans la quartier latin mais en 1841, son beau père met fin à ce coûteux idylle en le faisant embarque quasi de force sur un Paquebot à destination de l'Inde. C'est ce même homme qui le fera mettre sous tutelle et mènera Baudelaire à vouloir vivre de sa plume. La finalité en est Les Fleurs Du Mal recueil de poésie. Ce sonnet lyrique de 1847, devenu célèbre par les études de linguistique moderne qui lui ont été appliquées, présente un animal domestique que Baudelaire rend étrange ; comment s'y prend-il ? C'est ce que nous montrerons, en suivant deux axes d'analyse.
--»pbmati
q
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e composé de ce sonnet extrait des Fleurs du Mal

I.
Le mouvement de l'extériorité vers l'intériorité

D
ans cette "maison", les "amoureux" et les "savants", repris avec insistance dès le premier vers du deuxième quatrain par "science" et "volupté", antithèse des niveaux intellectuel (intériorité) et sensuel (extériorité), apparaissent comme les propriétaires de chats dont ils partagent les qualités :
• Ca
saniers, volontiers à l'abri du froid : cf. la comparaison "comme eux frileux et comme eux sédentaires";
• Réciprocité du sentiment : ces humains - seulement dans leur "mûre saison" : il leur a fallu la maturité pour l'admettre - "aiment" les chats, qui eux aussi sont leurs "amis" : ambiance d'harmonie.
En outre ces
animaux domestiques sont
• puissants, ce qui dans ce contexte renvoie à la puissance que confère la science ; le vers six nous apprend qu'ils sont des 'chercheurs'
• et do
ux, par allusion à la douceur de l'affection et de la caresse. La suite du poème nous les montre calmement ensommeillés ("s'endormir", "rêve", "sable" dans les yeux), conformément à l'image traditionnelle.
Concl
usion : du décor minimal le poète a orienté vers les qualités intérieures des trois protagonistes, avec insistance : l'austérité caractérise le scientifique selon l'opinion commune du XIXè. s., et l'expression ultérieure "reins féconds" synthétise à la fois le dynamisme de "amoureux fervents" et "volupté".
D'autre part, le premier tercet s'attache à l'apparence extérieure de "prennent les attitudes" alors que le second sonde les "reins" et les "prunelles" de l'animal, qui elles aussi sont remplies (cf. "pleins de"). Cela illustre la duplicité communément admise du lin dont les poses ne trahissent pas les intentions. Ainsi l'adverbe "vaguement" laisse finalement planer une incertitude, qui concorde avec la description de chats ésotériques.
Quan
t au jeu sur les apparences trompeuses, il concerne non seulement l'opposition entre "semblent s'endormir" et l'éveil à la vie spirituelle intense que cache ce sommeil, mais, dans les propositions hypothétiques des vers sept et huit, l'erreur commise par la puissance des ténèbres, qui "eût pris" les chats pour ses serviteurs (par leur goût pour le monde nocturne, ou par leur puissance dont on a parlé), si elle ne se rendait compte qu'ils sont indomptables.
Conclusion : le mouvement de l'extériorité vers l'intériorité accroît l'ambiance de mystère qui auréole la description de ces animaux pourtant familiers. Dans les tercets on a l'impression que quelque chose d'essentiel se passe en eux, par contraste avec les quatrains où ils occupaient surtout le rôle d'objet. A la réclusion initiale succède une libération inverse.

II.
Du monde banal, concret, au monde merveilleux, fantastique

L'évol
ution de qualités stéréotyes (que l'on peut juger comme normales, tels le côté casanier, le goût de la chaleur et de la nuit, la duplicité, etc.) vers l'extra-ordinaire se manifeste à la fin du vers six avec "horreur des ténèbres" qui rime avec les "coursiers funèbres" du monde des Enfers, puis que l'Erèbe, fils du Chaos et de na Nuit, se situe dans cette région. Voilà esquissée une mythologie grecque dont le côté négatif est accru par les rapports de force ("incliner au servage") qui affectent les chats. Leur recherche n'apparaît plus alors dirigée vers la science mais vers une autre austérité maléfique.
Ma
is c'est dans les tercets - unifiés par une seule phrase - qu'a lieu le dépaysement total, lors de la comparaison des chats avec ces "grands sphinx allongés" (monstre fabuleux, félin, lié au soleil, à l'énigme et à l'art - sculpture) : les "solitudes" où ils se trouvent évoquent bien sûr celle des déserts, confirs au second tercet par le "sable fin" ; quant à la noblesse de leur port, de leur position redressée de puissants gardiens du temple, elle s'origine dans cet "orgueil de la maison" et cette "fierté" que l'on attribue volontiers à l'animal impossible à vraiment domestiquer (il conserve son indépendance). En outre, à l'exotisme du décor africain répond la mythologie égyptienne pour qui le chat était animal sac : Baudelaire reprend des idées et images communément admises au XIs. où le voyage oriental est à la mode (on comprend mieux le lien avec la science si l'on se réfère auxcouvertes de Champollion). D'ailleurs le champ lexical de la religion se situe à des endroits stratégiques du sonnet avec le dernier mot "mystiques" (communion des yeux du chat avec le divin) qui fait écho à la ferveur du premier vers, voire à la pose hiératique faite de "silence".
Inf
ini et absolu : voilà vers quoi tendent ces animaux métamorphosés, eux qui vivent dans un décor, comme leur "rêve, sans fin", fait de milliards de particules ; en effet le ternaire "étinc elles - parc elles - prun elles " les disperse en une myriade d'étoiles qui esquisse un mouvement de redressement jusqu'aux cieux. Si bien que par ce jaillissement "magique", la couleur "d'or" éclaire de façon cette fois heureuse les "ténèbres" mythologiques dont il était question (on peut dire que le monstrueux a subi une transmutation alchimique). Par cette vision rapprochée (zoom sur les yeux, englobant le monde sidéral qui n'est plus infernal), le poème se termine sur un "rêve" heureux.
Si l
'étrangeté atteint son summum dans le dernier tercet, c'est aussi parce que celui-ci est le seul à contenir des métaphores, les strophes précédentes comportant des comparaisons.

En c
onclusion, on constate que la fécondité de l'animal, tel qu'il est ici décrit par un observateur qui se rapproche de lui et l'approfondit, est d'ordre à la fois sensuel et spirituel (notion qui regroupe la science, la mythologie et la religion). Mais aussi artistique, car le poète, pour créer, innover, doit être comme ces chats, c'est-à-dire sachant conjoindre divers domaines rationnels et irrationnels. L'identification à l'animal serait d'après cette interprétation, beaucoup plus subtile que pour l'Albatros.
On p
eut ajouter en guise d'épilogue que science et contemplation jouent un rôle médiateur dans le thème de l'union harmonieuse : (a) conjonction de l'amoureux avec son partenaire, (b) conjonction du savant avec l'univers, (c) conjonction du mystique avec son dieu, (d) conjonction enfin de l'animal sacré avec le sable et les astres.

# Posté le vendredi 10 novembre 2006 14:48