pour personne très douée en français!:
LES LUMIÈRES
Qu'est-ce que les Lumières ? (1784) Emmanuel KANT(1724-1804)
Questions de lecture analytique à envisager
•« En quoi a-t-on affaire à un discours argumentatif ? »
•« L'argumentation de Kant est-elle efficace ? »
•« D'après ce texte, qu'est-ce que les Lumières ? »
•« La définition des Lumières selon Kant correspond-elle à celle qu'en ont tous les « Philosophes » du XVIIIème siècle ? »
•« Kant se montre-t-il plutôt convaincant ou persuasif dans cet extrait ? »
INTRODUCTION
- Présentation de l'auteur et du contexte (bio. liée à l'½uvre et même à l'extrait, histoire des idées, courant culturel, spécificité de l'½uvre...) : mouvement philo. du XVIIIè s. né en Angleterre puis suivi en Allemagne, à la fin du XVIIè s., permis, notamment, par la monarchie constitutionnelle (principe des « monarques éclairés »), qui revendique la liberté de l'hm pour fonder son bonheur individuel, par un travail autant moral que physique sur soi. En France, L'Encyclopédie sera l'entreprise idéologique et littéraire qui réunira ceux qui se sont appelés « Les Philosophes » autour des mêmes objectifs : vulgariser les connaissances pour les mettre à la portée du plus grand nombre (c'est-à-dire, tout de même, seulement, ceux qui savent lire, qui sont, à cette époque, très marqués socialement : haute bourgeoisie et aristocratie – paradoxe – ), s'opposer aux siècles de dogmatisme religieux en démontrant que les interprétations bibliques de l'Eglise sont fausses et que l'homme ne peut s'en remettre qu'aux « Lumières » de la Raison pour vivre libre et heureux.
Kant, philo. allemand du XVIIIè s. a théorisé le principe de liberté en liaison avec celui de volonté. Professeur de logique et de métaphysique, on comprend qu'il ait été autant attiré par une réflexion sur la raison que sur le spirituel. C'est pourquoi Critique de la raison pure suivi de Critique de la raison pratique marquent une rupture dans ce siècle qui sacralise la Raison toute-puissante, en affirmant, d'une part, l'impossibilité de la connaissance scientifique des choses en soi, d'autre part, en ce siècle antireligieux, l'idée que seule la foi en l'immortalité peut apporter le salut et la paix au monde. D'autre part, son parcours personnel (d'origine modeste, il est pourtant nommé maître de conférence à l'université de Königsberg à l'âge de 31 ans) explique également qu'il prône que « vouloir c'est pouvoir », conformément à l'adage populaire.
- Présentation de l'extrait (genre littéraire, types de textes, registres, situation dans l'économie de l'½uvre, enjeu, construction...) :
Après ses essais théoriques, Kant, alors qu'il est âgé de 60 ans, éprouve la nécessité de dresser le bilan de l'Aufklärung, lui qui, en tant que philosophe, mais surtout, en tant qu'intellectuel allemand, a été nourri des idées des Lumières dans un petit opuscule de vulgarisation synthétisant et redéfinissant les intentions des « Philosophes ». Il initie l'extrait par une question, dans la tradition philo. antique du « dialogue » platonicien (Le Banquet), pour ainsi pouvoir avancer une « réponse » expliquée en un développement argumentatif sur un ton parfois véhément, polémique qui serait peut-être censé faire réagir ses contemporains soumis à la tutelle de telle ou telle autorité.
- Problématique à partir de la question posée par l'examinateur de laquelle découle le plan de la lecture analytique :
Il en appelle ainsi au « devoir de liberté » en développant de manière polémique une thèse qui remet en cause la tradition antique philosophique selon laquelle certains hommes seraient nés pour être esclaves et d'autres maîtres (selon Aristote, notamment), un virulent plaidoyer pour l'autonomie.
I – UNE THÈSE POLÉMIQUE
1°) Une argumentation rigoureusement structurée
a)Un article de dictionnaire ?- Style lapidaire :
. Le fait d'avoir posé une question censée venir de l'extérieur et non de l'émetteur lui-même (il ne s'agit en effet pas d'une interrogation à soi-même) permet d'édicter une réponse sous forme de phrase nominale à l'aspect catégorique :
- La sortie de l'homme de sa minorité, dont il porte lui-même la responsabilité (l. 1-2). Comme dans un dictionnaire, cette structure pose une équivalence immédiate entre le mot à définir et sa définition = portée didactique (Kant : professeur et spécialiste de la Raison, sachant que, par métaphore, les « Lumières » désignent les capacités humaines à exercer cette dernière, à réfléchir par soi-même avant d'accepter d'emblée ce qui est donné comme « vrai » : méthode positiviste).
Cette phrase nominale (sans sujet, par conséquent) permet en outre à l'émetteur de s'effacer derrière une typographie particulière : la mise en relief par les caractères italiques donne l'impression que la « définition » émane d'un ouvrage encyclopédique et constitue une variation énonciative qui éclipse encore une fois le locuteur, pourtant bien présent dans la suite de l'extrait par son engagement et ses prises de position radicales.
= Impression d'objectivité à l'amorce de ce qui pourrait ressembler à un article de l'Encyclopédie française.
- Verbe être au présent gnomique (variété de présent de vérité générale qui affirme un fait non démontrable comme vrai, découlant d'une connaissance, d'une expérience incontestable) à valeur définitoire :
« La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable s'il est vrai que la cause en réside non dans une insuffisance de l'entendement mais dans un manque de courage et de résolution pour en user sans la direction d'autrui. »
- Structure de cette longue phrase complexe :
. Substantifs abstraits (noms communs) renvoyant au concept-clé de la théorie kantienne élucidés par reprises successives : épanode (minorité l. 1, 2 et 3 / responsabilité l. 2, responsable l. 4). Répétition qui correspond autant à la volonté de vulgarisation de la thèse (la répéter en l'expliquant pour bien se faire comprendre) que d'un procédé d'insistance donnant au discours une ampleur que la longueur de la phrase confirme. Kant vise à être d'autant plus éloquent qu'il emploie la structure hypothétique en hypotaxe (subordination) : « s'il est vrai que la cause... » (l. 4), les lexiques scientifique (« vrai ») et logique (« cause », « entendement » x 5 : l. 3, 5, 7, 12-13, 30).
= Impression de vérité scientifique incontestable, de raisonnement construit.
b) Explicitation : - Une démonstration apparemment paradoxale :
Or, on voit apparaître, dès cette 2ème phrase, un vocabulaire moral qui – a priori – ne devrait pas participer d'une démonstration aux allures aussi implacablement logiques :
« manque de courage et de résolution » (l. 5).
Ce mot courage, qui vient du mot c½ur, au sens figuré, en latin, est, lui aussi repris comme pour insister et pour marquer la progression d'un raisonnement que l'on peut ainsi aisément suivre. Et pourtant, il n'est pas à mettre sur le même plan (du point de vue d'un raisonnement logique) que ceux qui le précédaient, exempts de toute connotation morale (minorité et responsabilité). Si ces derniers appartiennent au lexique juridique, le mot courage, lui, renvoie à une « qualité de c½ur » que l'on attribuait d'ailleurs traditionnellement aux « braves » : les généreux chevaliers médiévaux (« sans peur et sans reproches »), les héros « bien nés » de l'histoire antique, par exemple, puisque cette époque est évoquée immédiatement à la phrase suivante (via Horace) en matière de conclusion au premier & : « Sapere aude » (l. 6). Mais Horace ne s'adressait pas à n'importe qui : seulement à ses disciples de l'aristocratie hellène... Or, aux lignes 15-16, Kant résume dans une formule ironique – puisqu'il a pris fictivement la place de l'un des « mineurs » qu'il attaque – en prosopopée, le raisonnement (ou refus de se servir de son « entendement ») de ceux qui préfèrent le joug à l'indépendance intellectuelle :
« Je n'ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer »
Le connecteur logique (pourvu que) et l'homéotéleute (en [e] : penser // payer) donnent à la formule l'aspect de la logique implacable, renforçant ainsi le décalage comique qui en résulte puisque son sens est absurde. Kant se fait donc au passage « critique de la raison pure » ou de la logique pure qu'il distingue de l' « entendement » : bon sens, esprit critique, capacité à juger par soi-même sur des bases expérimentales propres et non grâce à des « Préceptes et formules » qu'il dénonce à la ligne 31, comme des « instruments mécaniques d'un usage de la raison ».
Sans doute ce courage (qui fait écho à la question de son père à Rodrigue, dans Le Cid : « Rodrigue, as-tu du c½ur ? », autrement dit, « Es-tu digne de défendre l'honneur de ta lignée, comme le veut le rang de ta naissance ? ») peut-il renvoyer aussi à la virtus romaine, courage guerrier et sens de la probité, de l'honneur, dans la mesure où il rejoint l'idée chère à Kant de « dignité humaine ». Autrement dit, être un homme, pour Kant, revient à être digne de sa spécificité humaine (par opposition aux animaux : « stupide » « bétail » l. 21).
- C'est que Kant considère la conquête de la liberté comme un devoir d'accéder à la condition d'homme civilisé :
. périphrase rendant la difficulté de cette tâche : « cette pénible besogne » l. 16-17
- Une démonstration doctorale :
. l. 8 « Paresse et lâcheté sont les causes qui font que... »,
l. 9-10« ...et c'est ce qui explique pourquoi... »
= connecteurs de cause dont le second est mis en relief par le présentatif emphatique c'est, donnant ainsi à la démonstration un ton plus docte, en une période aux accents presque triomphants du « CQFD » scientifique.
. Formule axiomatique, « à l'ancienne » : « Paresse et lâcheté sont les causes qui font que beaucoup d'hommes aiment à demeurer mineurs leur vie durant, alors que la nature les a affranchis depuis longtemps d'une direction étrangère (naturaliter maiorennes) et c'est ce qui explique pourquoi il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. » l. 8-12 = substantifs abstraits attributs antéposés au verbe par anastrophe, pour les mettre en relief (ils constituent en effet la « solution » qu'apporte le philosophe à la problématique « dominé/dominant »), comme dans les proverbes (// « Oisiveté, mère de tous les vices », « Prudence et longueur de temps vaut mieux que ... ni que rage. ») directement calqués sur la syntaxe latine (phrase analytique).
. Complexité de cette phrase dans laquelle la multiplication des subordonnants engendre une allitération en [k] rendant l'impression d'imbrication des rapports logiques cause / conséquence.
. Arguments d'autorité :
. Exemples d'autorité :
c)Analyse : développement des exemples- Exemple hypothétique : « Si j'ai un livre... » : stratégie argumentative : au départ, identification permise par l'intervention de la P1 sg, puis désolidarisat° causée par la caricature du « mineur » incapable de penser par soi-même.
- Distanciation par rapport à « la grande majorité des hommes » intro. par la conjonction de subordination « Que » : anastrophe permise par le recours au présentatif de mise en relief emphatique
= Texte construit en crescendo du point de vue de sa véhémence et de son ampleur polémique.
-Tuteurs évoqués par le biais de la métaphore filée (l. 21) : développée à partir de l'aspect inchoatif du verbe (l'action est envisagée dans son commencement) + « ensuite » 22 : dénonce la préméditation, l'aspect méthodique, concerté avec lequel les « dominants » mettent en place leur stratégie oppressive.
De plus, comme le fait comprendre le philosophe, son rôle est de déchirer le voile de l'illusion qui aveugle celui qui n'est pas « éclairé » (conformément à la culture platonicienne de l'allégorie de la caverne). Or, les oppresseurs sont des « illusionnistes » : « Ils leur font voir » l. 23
d)Péroraison l. 31-38 (fin)- la péroraison, conclusion d'un texte (morceau d'éloquence où l'émetteur est censé entraîner définitivement l'adhésion du récepteur par un trait d'esprit, une période particulièrement harmonieuse ou un autre procédé qui persuade le récepteur), de Kant se trouve de la ligne 31 à la fin du texte. Il y met en garde les « mineurs » : devenir majeur n'est pas aisé. Le Philosophe utilise d'ailleurs une multitude de propositions subordonnées « qui enchaîne une minorité qui se prolonge »
Propositions qui par définition sont reliées à une indépendante et ne peuvent exister sans elles tout comme les mineurs sont reliés et ne peuvent exister sans leurs tuteurs.
- L'auteur utilise un vocabulaire scientifique « instrument mécanique » « précepte » « formules » et se sent obligé de les définir par la suite pour permettre la vulgarisation de son texte « ces instruments mécaniques d'un usage de la raison ou plutôt de mauvais usage des dons naturels » (auto-correction pour faire avancer la réflexion / explication : épanorthose) contrairement à précédemment la définition ne semble être extraite d'un dictionnaire elle est orientée selon l'opinion de Kant. Cette définition est incluse dans la phrase grâce à l'insertion de deux indépendantes.
- toute la fin du texte est construite sur des phrases négatives « ne saurait » « n'est pas ».
Et un vocabulaire connoté de façon péjorative « mauvais » « enchaînement » « maladroit ». Kant appuie sur la difficulté de la majorité et le « peu » de personnes qui y arrivent tout en ayant « un parcours assuré ». De plus nous trouvons une métaphore in absentia où le comparant est le bétail et le comparé le mineur « secouerait ses chaînes ne saurait faire qu'un saut maladroit par-dessus le fossé ». Cette comparaison est à nouveau péjorative. Nous trouvons pourtant le champ lexical du mouvement qui pourrait éventuellement évoquer un changement : « secouerait » « saut » « mvt » mais cette action se brise avec l'adjectif « maladroit ». Il semblerait que cet esprit des Lumières veuille éveiller l'orgueil des mineurs en leur montrant la difficulté. Les mineurs voudront ainsi prouver qui sont plus fort que ce que Kant ne croit. Le problème de ce texte est que l'individu visé ne se considérera par forcément en tant que mineur.
2°) Les modalités de la dénonciation
a)L'engagement / implication de l'auteur, à titre personnel :- Adv. d'intensité : « si facile » l. 11 opposé à « si pénible » l. 19
+ modalité exclamative de la phrase : « Il est si confortable d'être mineur ! »
= véhémence
-
-
b)Une double accusation :- Voca. polémique : vers le reproche :
. Termes négatifs :
préfixes privatifs « incapacité » (l. 2), « insuffisance » (l. 4)
phrases à la forme négative : « Je n'ai pas besoin » l. 15
prépostion nég. : « sans » l. 3, 6
lexique négatif : « manque (de courage) » (l. 5)
- « Mineurs » coupables de faiblesse morale :
. Force de l'implicite par commentaire entre tirets de l'auteur, intervenant ainsi pour nous imposer la prééminence de son point de vue : l. 18-19 « ...tienne pour très dangereux le pas qui mène vers la majorité – ce qui lui est d'ailleurs si pénible –»
= Non seulement la « majorité » des hommes et des femmes sont paresseux, mais, en outre, ils sont dépourvus de tout esprit d'initiative, de tout goût du risque qui caractérise les « êtres supérieurs » que sont les héros = être indépendant est être héroïque.
- « Tuteurs » coupables de tyrannie :
c)Vers une condamnation sans appel :- Voca. moral utilisé à la limite de l'insulte :
. Anastrophe l. 8 « Paresse et lâcheté sont les causes qui font que... » : autrement dit, « la grande majorité des hommes » (l. 17) sont paresseux et lâches, ce qui avait déjà été annoncé dans le premier &, mais par la négative et non par l'affirmation de ces défauts : « un manque de courage et de résolution » l. 5. On va donc vers une radicalisation des propos.
- Mouvement général de crescendo vers la généralisation :
. De « beaucoup d'hommes » (l. 8), on passe à « la grande majorité des hommes (y compris le beau sexe tout entier) » (l. 17-18) avec un appel de sens permis par la polysémie du mot majorité : « Que la grande majorité des hommes [...] le pas qui mène vers la majorité », produisant ainsi – peut-être bien involontairement – une antanaclase à visée injonctive : implicitement, le terme de majorité enjoint « la plupart » des hommes à la liberté, seule condition humaine acceptable, pour Kant.
- Ironie :
. Périphrase par trop convenue : « le beau sexe » l. 17
. Dénonciation implicite de la « paresse » et de la « lâcheté » de la « majorité des hommes » : « si pénible » l. 19
. Antiphrase : « c'est ce à quoi veillent les tuteurs qui, dans leur grande bienveillance, se sont attribués un droit de regard sur ces hommes » l. 19-20.
. Accusation qui tranche avec la longue explication des causes de la minorité des hommes l. 8-12 : « Il est si confortable d'être mineur ! » l. 12 = la modalité exclamative, la simplicité synthétique de cette phrase, l'intonation ironique qu'elle suppose, dans ce contexte, marquent une surenchère : sarcasme.
3°) Une idée « révolutionnaire »a)Une forme de révélation- Un philosophe « éclairant » de ses lumières les hommes plongés dans des abîmes d'obscurantisme :
. « Que la grande majorité des hommes (y compris le beau sexe tout entier) tienne pour très dangereux le pas qui mène vers la majorité... » : la plupart se méprennent et le philo. dissipe l'illusion en démêlant le faux du vrai. = En cela, il serait une sorte de libérateur.
b)L'appel à la révolte- Fonction phatique (ou conative) du discours :
. Appel à l'autre : qd l'auteur se « met à la place » d'un sujet quelconque qu'il prendrait pour exemple, ac P1 sg :
« Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui me tient lieu de conscience morale, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., quel besoin ai-je alors de me mettre en peine ? Je n'ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer ; d'autres se chargeront bien de cette pénible besogne. » l. 12-17
= Le lecteur refuse le processus d'identification en se désolidarisant peu à peu de ce « quidam », de ce parfait imbécile (au sens étymologique et figuré : « qui a besoin de béquilles ») auquel il aurait honte de ressembler. Ce « jeu de rôles » est d'autant plus choquant pour le lecteur que c'est un « Philosophe », un être dont la fonction est de penser qui s'en dispense ainsi fictivement, hypothèse (« Si j'ai un livre... ») irrecevable.
. 3 occurrences de termes renvoyant à l'image de la surveillance : veillent, bienveillance, droit de regard, visant à rendre l'attitude des « tuteurs » insupportable par la répétition martelée en surenchère (le dernier terme juridique dit implicitement le caractère presque illégal de cette ingérence). Attitude qui passe par conséquent de « bienveillante » à strictement odieuse. Le décalage entre ce que l'émetteur semble dire (explicitement) et ce que ressent le récepteur (en déchiffrant le double langage qu'est l'ironie) rend l'argumentation d'autant plus efficace.
II – UN PLAIDOYER POUR L'AUTONOMIE (cf programme de 2nde sur le genre épidictique : l'éloge et le blâme)
1°) L'HÉTÉRONOMIE REMISE EN QUESTION« La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui » l. 3
« ...manque de courage et de résolution pour en user sans la direction d'autrui » l. 6
= épiphore.
« ...alors que la nature les a affranchis depuis longtemps d'une direction étrangère [...] pourquoi il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. » l. 11-12
2°) NATURE ET CULTURE
a)Principes de la philosophie antique sur lesquels se fonde le raisonnement- Personnification : « la nature les a affranchis depuis longtemps » l. 9-10
- Recours à la philosophie antique « dans le texte » : « (naturaliter maiorennes) » l. 10
b)Le dogmatisme des institutions socio-religieuses empêchent de penser« Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place » l. 12
« un directeur de conscience qui me tient lieu de conscience morale » l. 13-14
« un médecin qui décide pour moi de mon régime » l. 14
= dénonciation implicite, grâce à l'article indéfini et au procédé périphrastique, de l'emprise indue que peuvent avoir la bible et les prêtres (à noter que l'attaque du médecin est plus directe... car moins risquée).
CONCLUSION// développement actuel du « coaching » pour pallier à une paresse de la volonté, or, pour Kant, la volonté est la caractéristique qui fonde l'être humain.
En prolongement pour préparer l'entretien
Quand, où et pourquoi est né le mouvement des « Lumières » ?
Que désigne-t-il exactement par le terme de Lumières ?
Comparez la théorie de Kant à celle de Rousseau dans le Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes.
Les idées des Lumières ont-elles permis le progrès auquel aspiraient les « Philosophes » ?
Dans quelle mesure la théorie que développe Kant dans cet extrait est-elle encore d'actualité ?
