Harmonie du soir de Baudelaire

Harmonie du soir de Baudelaire
1.Un pantoum remarquable

« Harm
onie du soir » est un des poèmes les plus originaux des fleurs du mal. Il s'agit d'un pantoum
régul
ier, une forme poétique d'origine malaise, découverte et utilisée par Hugo puis par les parnassiens. Composé de quatre quatrains d'alexandrins, il offre de subtils effets d'enchaînements et de répétitions par la reprise systématique des vers 2 et 4 d'une strophe, aux vers 1 et 3 de la suivante. Ce jeu est complété par la réduction phonétique des rimes au nombre de deux seulement. Le choix de cette forme n'est évidemment pas gratuit. Il marque stylistiquement, par son jeu d'« harmonie » et de « brouillage »
- tant sémantique que plastique - l'ambiguïté qui demeure au c½ur même de l'amour sanctifié, le « vertige » qui subsiste au sein du subtil paradis passionnel offert par la femme aimée, ici Apollonie Sabatier.

2.La suggestion d'une atmosphère

C
omme « Le Balcon », ce poème se signale par l'exceptionnelle qualité de son atmosphère où se retrouvent les éléments et motifs chers à l'auteur des Fleurs du mal :

-
le soir d'abord (v. 3), avec son équivocité temporelle (jour/nuit) et sa polysémie : soir d'une journée, ou soir d'une liaison qui s'achève, ou encore d'une vie qui se retourne pour regarder son passé (v. 14) ?

-
la fleur ensuite (v. 2 et" 5), motif éponyme du recueil, symbole de la femme aimée sans doute, mais aussi métaphore de la vie en expansion dans son double mouvement de genèse féconde (« vibrant sur sa tige ») et de dissémination/dissipation (« s'évapore ») ;

- la
musique enfin, dont le champ lexical crée au fil des strophes - plus que les autres registres sensoriels -le véritable horizon du poème.
A côté de ces motif, Apollonie, « la madone » spirituelle, cristallise autour de sa présence toute une atmosphère de religiosité. Après une ouverture à connotation biblique (v. ]), le texte se déploie avec une lente solennité que vient renforcer la forte cohérence du champ lexical religieux : « encensoir », « reposoir » et « ostensoir », On notera d'ailleurs que ces trois mots appartiennent tous à des hémistiches comparatifs, la comparaison étant dans ce pantoum la principale figure d'illustration de l'harmonie, somptueuse mais fragile des êtres et des sentiments.

3. Une expérience troublante

A considérer le vers central du poème (« Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir »), on mesure en effet, au-delà de l'ambiguïté d'une atmosphère, celle d'une expérience où se condensent plusieurs états de trouble chez un poète pour qui le beau ne va pas sans une certaine forme de tristesse :

- les tr
oubles dont la sensation : « vertige », « frémissement », « langueur », déperdition de substance et « figement » (v. 12) métaphorisés dans l'image d'un coucher de soleil aux couleurs des blessures du c½ur et du corps ; « Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ». Autant de symptômes apparentés bien sûr à l'état de malaise spleenétique ;

- les troubles de la passion : le pantoum cultive effet routes les « fleurs » contradictoires de Parât baudelairien. Amour tendresse et amour lumière certes (v. 1, 14 et 16), mais aussi amour tristesse obscurité (v. 6 et 10); et surtout amour passé et peut- être perdu puisque tout le texte est une célébrait par la seule entremise de la mémoire et des souvenir (v. 14 et 16);

-
les troubles de la conscience enfin, incapable de coïncider pleinement avec l'objet de sa ferveur et contrainte à la « haine » des puissances mortelles qui menacent : « Un c½ur tendre qui hait le néant vas! et noir», v, 10.

4. La poésie comme « idéal » fragile

Poè
me du malaise et de la disharmonie existentielle poème du crépuscule d'une harmonie autant que de l'avènement bénéfique promis par son vers 1. « Harmonie du soir » demeure pourtant l'un des exercices des Fleurs du mal les plus probants quant à la capacité de l'écriture versifiée à exorciser les démons do spleen :

-
par sa forme même et les effets discrètement apaisants propres au pantoum ;

-
par la puissance d'association du langage et de ses images qui rendent possible la coexistence des contraires (passé/présent, lumière/nuit, absence/présence, passion/souffrance):

-
par un travail constant enfin sur la densité et la cohérence lexicale, sur la rythmique et l'accentuation (v. 1, 3. 7 et 11), sur les effets phonétiques de la rime raréfiée ou des assonances (diphtongues nasalisées an et un notamment). Travail qui conduit à faire de la valse des mots le principe même de l'apaisement du vertige des c½urs, comme en témoigne le chiasme parfait des vers 4 et 7 : « Valse mélancolique et langoureux vertige .».

Conclusion« L'émotion poétique, écrit ainsi le critique Jean Prévost, réglée par le rythme des sons er des images, s'est déroulée en nous comme une danse intérieure, chaque mouvement se liant aux autres pour le suivre ou le balancer; et ces mouvements, comme ceux de la danse, n'avaient d'autre but que leur harmonie et leur perfection. »
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# Posté le vendredi 10 novembre 2006 15:07

A une passante

A une passante
I Le décor du tableau parisien

- Re
gistre dramatique
- Le vers 1 plante le décor : « la rue assourdissante » est un métonymie, « autour de moi hurlait » est une personnification de plus « rue assourdissante » est un hiatus ainsi que « moi hurlait »
-
Il y a une cacophonie « autour de moi » l'accent est mit sur la fin du vers on passe de « assourdissant » à « hurlait » = gradation croissante
-
thème de la fuite : « éclaire », « ailleurs », « bien loin »
-
parallélismes entre le passage dans la rue et le passage sur terre

II Description de la femme

-
Vers 2, 3, 4 : description de la femme
-
Elle attire : « longue mince » « main fastueuse » « balançant le veston et l'ourlet » « agile et noble »
-
Elle repousse : « douleur majestueuse » « en grand deuil », soutient de l'allure majestueuse par de longues phrases avec un enjambement
-
Sa noblesse est en contradiction avec la vulgarité ambiante, l'aisance est opposé à « jambe de statue »
-
Croisement de regard : « dans son ½il, ciel livide où germe l'ouragan » taphore de la violence
- Contraste entre le noir de l'habit et le blanc de l'½il qui sugre la mort
-
Polysémie du mot ciel : couleur et au-delà
-
Femme satanique : « plaisir qui tue » oxymore
- Fe
mme angélique : elle reflète la douceur et laduction
-
Le sir devient plus grand lorsqu'elle fuit

III La subjectivité solitaire du poète

- Présence de l'auteur vers 1 et 6
-
Le plaisir extrême se confond avec la mort : idée de suicide pour renaitre « tue » « renaitre »
-
Vers 9 changement d'énonciation
- Ma
rque de subjectivité : exclamations, phrases nominales, apostrophes
- Ve
rs 14 : plus que parfait du subjonctif qui donne un aspect irréel
L'imparfait donne un aspect el
-
La femme idéale est forcément fatale
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# Posté le samedi 11 novembre 2006 08:35

A une passante (en plus complet)

Le sonnet est tiré des « Tableaux parisiens », seconde section des Fleurs du Mal placé à la suite de « Spleen et l'idéal »(1ère section). Baudelaire, poète de la modernité s'intéresse au spectacle de la rue et non de la nature comme les poètes romantiques. L'aspect pittoresque se limite ici à sa plus simple expression. C'est le cadre qui lui permet une rencontre inattendue et inoubliable avec une passante, allégorie de la beauté moderne.
Fleurs de mal :1857
Tableaux parisiens, 2ème section du recueil, rupture avec le romantisme poétique de la ville.

Structure du poème

- quatrain :rencontre proprement dite
- tercets :évocation des suites possibles
La passante :Une belle femme incarnée dans son époque mais aussi une représentation de la beauté générale
Le thème de la rencontre
- lieu : rue de Paris : lieu antipoétique par excellence(tandis qu'un poète classique attend la beauté d dans un lieu historique par exemple le colisée et le Montparnasse
- le bruit assourdissant :assonance en «u» et en «é» et hiatus « moi hurlait » : son désagréable
- la femme fascinante par sa perfection physique, mystère de la douleur ,élégance du vêtement et de la démarche, progression de la longueur des groupes
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, (2+4+6) : figure imposante de la passante
Une femme passa, d'une main fastueuse (6+6): harmonie de la démarche ,balancement régulier ,écho des participe présent « Soulevant, balançant » , et enjambement du 1er au second quatrain qui souligne la force de l'impression qu'elle produit.
La description physique idéalisée se complète par la référence à la statue qui lui donne de la noblesse sans nuire à sa mobilité (« agile »).
Le mystère qui émane de sa personne se traduit par le deuil et même par le grand deuil(femme habillé de noir mais cette couleur austère loin de nuire à sa beauté l'exalte).La douleur est à l'origine de l'inspiration.
Douleur qu'elle peut éprouver ou causer :c'est une femme fatale
Le thème du regard confirme que c'est une femme fatale car elle hypnotise ceux qui la regardent
Regard livide (=bleuâtre ou noirâtre) est celui es chairs en décomposition qui fascine par son ambiguïté.
Regard qui engendre la mort ouragan : mort violente
fascination et plaisir : mort lente
- le poète : noué ,incapable de réagir rationnellement
- la muse : perfection physique
- emploi inattendu du verbe boire :communication immédiate engendrée par la fascination (couple célèbre : Tristan et Iseult) boire un filtre magique allie douceur et violence (« douceur qui fascine et le plaisir qui tue »)
Cette conjonction permet des sensations intenses et inédites suggérées par les allitérations en «s» et les assonances en «i», référence à Racine : « qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ».
Il y a aussi la surprise de la syllabe monosyllabique accentuée («tue»).Ce vers Racinien par la forme l'est également par le contenu. Le poète éprouve pour la beauté une passion qui trouve son bonheur dans les souffrances mêmes qu'elle engendre. Il envisage la mort comme conséquence logique du plaisir éprouvé.

Les tercets (« Un éclair... »)

- tonalité lyrique au niveau des thèmes (désespoir, regret...) et du style
- les tercets contrastent avec les quatrains abandonnant la description, le poète commente avec lyrisme les suites de sa rencontre:
1er tercet: espoir de renouveler cette rencontre
2ème tercet :il abandonne cet espoir
1er tercet: - antithèse (éclair=espoir s'oppose à nuit = doute)
- les points de suspension suggèrent la rapidité avec laquelle les événements vont se succéder.
Dans quelles circonstances le poète envisage-t-il de trouver la beauté ?
Il pense la trouver non pas en ce monde mais dans l'éternité
Le poète a l'intuition que la passante est le signe d'une beauté absolue qui n'existerait que dans un autre monde(celui de l'éternité ,des vérités immuables et éternelles)
la passante, en effet, qui a déclenché l'illumination ne peut être qu'une émanation du divin puisque son regard a fait renaître le poète(amour en tant qu'homme et inspiration en tant que poète)
L'hypothèse d'une rencontre émise par le biais d'une interrogation oratoire(«Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?») semble appeler une réponse différée ,certes , mais positive , l'éternité placée au bout du vers est présentée comme le moyen d'atteindre l'âme de la femme idéale.
Le second tercet dément cet espoir : le poète pense qu'il ne rencontrera la beauté ni dans le temps ni dans l'espace car le caractère de la beauté est d'être fugitive d'où les deux exclamations angoissées.
Les deux derniers vers complètent la fascination du poète. La rencontre ne se produira pas du fait de l'ignorance fatale des deux personnages (reprise de «j'ignore» par «tu le sais»: chiasme =inversion de «je» et «tu» )
Cette ignorance recouvre les dispositions d'esprit bien différentes. Le poète est incapable de susciter une nouvelle rencontre, il n'en est aps de même pour la femme qui en sait d'avantage. L'ignorance de la femme n'est peut-être qu'une expression de son indifférence et de son mépris. L'irrégularité de la disposition, des rimes des tercets confirme cette hypothèse. Déplacement réel des rimes = ambiguïté du savoir de la femme.
Baudelaire entant qu'homme déplore cet amour perdu et l'indifférence de la passante. En tant que poète il est désespéré de la fuite de son idéal.

I. Un épisode romanesque
Les hasards de la ville font se croiser le poète et une belle inconnue

A- étude du mouvement du texte- Le vers 1 plante le décor et les vers 2,3,4 donne une description de la passante à travers le regard du « je » qui l'observe et admire sa silhouette, sa démarche, ses gestes - Le vers 5 résume le sentiment de perfection de la passante - Poème constitué de 2 mouvements séparés par un tiret - - Le 2e mouvement : le poète lui adresse un message d'amour- Le poème suit le regard du poète qui aperçoit puis détaille la passante

B- le décor- « la rue assourdissante » (v.1) s'inscrit dans le décor des « Tableaux Parisiens » - « hurlait » : agitation agressive de la rue - Tout paraît hostile à la rêverie mais au v.2, la cacophonie de la ville s'efface magiquement, le poète au milieu de ce brouhaha ne voit qu'elle

II. Evocation de la passante

A- Portrait physique et moral de la femme
La passante est beauté, harmonie, son geste contient une élégance aristocratique Sa beauté morale se joint à la grâce du corps « agile et noble »

B- Idéal de la beauté de Baudelaire à travers cette femme- Elle incarne la beauté à la fois fascinante et insaisissable une forme de l'Idéal prend vie pour disparaître aussitôt - Promesses de plaisir longue, mince, agile, beauté : c'est « la douceur qui fascine »- Promesses de souffrance, de malheur : grand deuil ½il livide où germe l'ouragan la métaphore, idée de violence : « c'est le plaisir qui tue » (oxymore)- Motif du regard « ciel livide » : gris, froid

III. Réaction du poète

A- Réaction immédiate
Sa réaction face à cet idéal est émotionnelle et il en perd la raison « extravagant » Ce coup de foudre fige le narrateur "crispé " dans une tension extrême.- Opposition « boire » : impulsif mais crispé (paralysé) - « je buvais » met en avant son impulsion et permet de mettre en avant l'idéal féminin car le C.O.D se retrouve en fin de strophe (« la douceur qui fascine. »)> il est ébloui et subjugué : charmé

B- Réaction seconde« Un éclair. Puis la nuit ! » : caractère éphémère de la rencontre- Rapprochement de « je » et « tu » (v.13,14) mais l'emploie du temps passé montre son illumination devant la vision de la Beauté.- Nuit : solitude, détresse. à partir de ce moment la femme devient objet de contemplation seulement dans un futur incertain (v.11), forme interro-négative montre qu'il y a tout de même un espoir- La femme a permis d'apercevoir l'idéal de Beauté (v.10)- « fugitive beauté » : femme particulière passe rapidement dans la rue - Espérance affaiblie (v.12-14)- La pensée de l'idéal est évoquée négativement dans l'espace et dans le temps (v.12) il y a alors le doute « peut-être » et ensuite la fatalité « jamais »- Les exclamations expriment la dégradation dans cet espoir- Croisement du « je » et « tu » : chiasme (v.13-14) mais ils s'éloignent- La tristesse se manifeste de plus en plus « j'eusse aimé » (v.14) montre une certitude de l'amour et « ô toi qui le savais ! » côté mystérieux de la rencontre amertume du poète Pourquoi est-elle partie ? : incompréhension du poète, dramatique

IV Le récit de la rencontre

Le premier vers qui correspond à une phrase simple campe le décor des événements en plan d'ensemble : Un décor urbain, animé, bruyant, perçu par le narrateur comme une agression : cf. le sens de "hurlait" et de "assourdissante", cf. les hiatus (rue assourdissante) (moi hurlait), cf. aussi la répétition du son "r", cf. aussi les sonorités sourdes "ou" "Wa" "an", cf. aussi la cacophonie due à la présence de toutes les voyelles., cf. enfin la discordance rythmique entre les monosyllabes et "assourdissante", L'agression provoquée par l'environnement est avant tout auditive. Le narrateur se trouve placé au centre de ce tapage cf. "autour de moi" et comme encerclé, prisonnier du bruit et de la foule. Lui, dans la rue, constitue la situation initiale.

Le synopsis se réduit à deux événements :
1) Le passage d'une femme.
2) Le choc reçu par le narrateur

Ces deux événements sont simultanés dans la durée et présentés en champ contre champ. (symétrie de "Une femme passa" et "Moi, je buvais").
Ainsi l'incident ressemble à un flash, c'est "l'éclair" Cet éclair est suivi de "la nuit" Les deux tercets transcrivent les pensées du narrateur après l'éclair. Le coup de foudre sans suite fait naître des interrogations naturelles : la reverrai-je, où , quand ? Le passage à l'acte n'a pas eu lieu. Baudelaire est encore une fois face à ses interrogations lucides.

V l'étrange rencontre
Cette passante (le titre du sonnet est particulièrement évasif) surgit donc dans un moment de malaise. C'est une sorte d'apparition (prédominance des éléments visuels) qui se présente d'abord comme une silhouette (taille, corpulence, couleur) puis en gros plan (main) (½il)

Ce qui la caractérise ce sont de nombreuses ambiguïtés :

1) Elle provoque une double sensation en apparence contradictoire :

a) elle repousse : à cause de sa majesté, à cause de sa stature, à cause du deuil manifeste qu'elle affiche, à cause de sa noblesse altière. L'ampleur de la phrase - qui couvre quatre vers (un enjambement) et s'oppose radicalement à la précédente tant par sa longueur que par sa construction) - est là pour soutenir cette allure majestueuse et cet effet de ralenti. Les images se décomposent comme dans une vision.

b) elle attire : par le geste provocant qu'elle fait, par l'ondulation de sa démarche que soutiennent le rythme du vers (3333) et la répétition de "an" et par le frou-frou de la démarche
(cf. allitérations en "l" et "m")

2) Ce qu'elle laisse envisager, ce qu'elle promet est également équivoque :
a) promesses de plaisir (longue, mince, ondulante, agile, beauté) : c'est "la douceur qui fascine"
b) promesses de souffrance : "½il livide où germe l'ouragan" la métaphore connote l'idée de violence : "c'est le plaisir qui tue" (le "i" récurrent laisse percevoir de la souffrance)
Certains mots ont une double signification : statue, crispé, fastueuse. La rime est une clé : "tueuse" : du verbe "tuer" Le contraste entre le noir de l'habit et le blanc de l'½il crée un malaise et suggère la Mort (même ambiguïté dans l'oxymore "plaisir qui tue") Ce coup de foudre fige le narrateur "crispé " dans une tension extrême.

VI L'Amour ou la Mort

La passante peut représenter celle qui aurait apporté au poète le plaisir extrême s'il l'avait suivie, mais ce plaisir extrême se confond avec la mort. C'est en fait une idée de suicide, une idée noire qui passe, qui lui traverse l'esprit : suicide qui mettrait fin à ses souffrances, qui le délivrerait du poids de l'existence, et de la foule assourdissante et vulgaire qui l'entoure, symbole des contingences matérielles, terrestres. C'est par cette mort qu'il aurait connu la renaissance "renaître" : la mort apparaît comme une naissance. Des mots comme "éternité" laissent attendre que cette occasion ayant été sans suite, il faudra attendre. Baudelaire a toujours été tenté par le suicide. La femme idéale, est forcément femme fatale, elle apporte l'absolu, cet absolu de l'amour se confond avec l'absolu de la mort.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 08:40

L'Albatros de Baudelaire

L'Albatros de Baudelaire
INTRO :
• Cette oeuvre s'ins
crit parfaitement dans romantisme étant donné que B réussit à transmettre son désespoir au lecteur. A représente propre condition du P déchiré entre aspiration à élévation nommé spleen et condition humaine réelle.
• B faisai
t partie génération poète maudit, c'est-à-dire incompris par gens époque.

I Deux conceptions du monde qui s'oppose :

a Deux espaces principaux confrontés : ciel (espace A) et pont bateau (espace H) :
• Opposition (antithèse
) par Dimension : infini, ouvert/limité, fermé),
Situation : au dessus, vertical / bas, horizontal
• Connotati
on : liberté, évasion/plat, terre à terre, absence d'élévation
==> Liberté A se heurt
e à environnement clos navire

b. L'albatros est personnifié :
Description A mar
qué par différence entre Ciel et Terre
Termes valorisants se
rapporte à A dans son univers et adjectifs dévalorisant se réfère A dans celui H
Alb
atros mis en valeur dans son univers :
• Pureté ('ailes
blanches, azur')
• Amplit
ude ('grandes ailes, géant, vaste') permet imaginer immenses ailes recouvrant et protégeant océans (hypallage 'vaste oiseaux des mers' = oiseaux des vastes mers)
• 'Ailes'
connoté à légèreté, sérénité ('indolents'), sublime, grâce, car se laisse porter
• Pu
issance, domination, >ité dans son univers ('rois, prince'), A majestueux règne au dessus H ('grandes ailes blanches' peut même évoquer hermine impériale)
• 'Indolents c
ompagnons' marque confiance et nonchalance
• Caractère
pacifique, aucune présence hostilité et font même preuve d'humanité : impression égalité avec H ('compagnon de voyage') mais A se révélera même + humain que matelots
Mai
s cette image valorisante s'inverse :
• Oxymore 'infirme
qui volait' marque transition
• Poème donne 2 vis
ions radicalement opposées :
autan
t A en vol est majestueux, allure souveraine
autant lors
qu'il se pose paraît ridicule
Les thermes dévalorisant de
l'Albatros sur le sol :
• '
déposés' évoque roi déchu, voyageur ailé tombé du ciel
Du vol royal, on passe au boitement de l'infirme
• Perte
du coté merveilleux et somptueux d'où l'adverbe 'piteusement' : 'grandes ailes blanches' symbolisait légèreté deviennent mécaniques, peu noble, d'où comparaison avec avirons (rames)
• 'Voyageur ai
lé obtient des adjectif dévalorisant gauche et veule' : antithèse entre aisance/maladroit
• Libre / prisonnier,
jouet
• Beauté / Laideur

==>
Jadis roi admiré dans le ciel, il fait désormais objet de railleries et ne suscite plus que dérision ('comique, gauche, infirme')


II Un poème construit judicieusement :

a. Le mouvement des phra
ses prend une valeur descriptive :
• Ample phrase, bien balancée présente A en vol dans 1ère strophe
• Nouvelle ph
rase très ample mais avec nuance moqueuse présente A capturé et posé dans 2ème strophe
• Série 3 phrases !, + co
urtes, rythme haché pour traduire souffrance, persécution A dans 3ème strophe et peut être paroles humiliantes prononcées par matelot
• Phras
e en 2 parties explique opposition entre 2 mondes et 2 statuts A dans 4ème strophe

b. Le jeu des sonorités renforce le contraste :• Majesté A rendu par assonance en 'en' et allitération en 'v' dans 1ère strophe
• 2 et 3ème s
trophe accumulent sonorité désagréables avec assonance en 'e' ('honteux, piteusement, à côté d'eux, veule, gueule') et allitération en 'c' et 'gu'
• Vers 12, décrochemen
t gérondif et cadence + lente, suggère boitement
Ainsi je
u sonorités accentue différence A au fur et à mesure du poème

c. L'attitude hostile des marins :
• B débute en insistant sur 'souvent' : H pour rompre ennui, se divertissent dans cruauté habituelle
• 2ème strophe change comp
lètement d'optique car marins rôle dominant. A livré aux regards cinglants de équipage sur planches symbolisant lieu exhibition
• Vers 11-12
illustrent manque de respect : équipage taquine A qui se moque en reproduisant marche ridicule : subit donc douleur physique et morale.
• Ter
me 'brûle-gueule appartient style bas : accentue mépris des marins, comportement barbare

III Un récit allégorique :• 3 1ère strophes récit de A tandis que dernière dédiée au P : après présentation B donne clé poème avec réflexion sur P : volonté de créer une surprise
Association P/prince des nuées donc rapprochement A-P
==> Oblige r
éinterprétation : 'voyageur ailé' devient P, 'H d'équipage' = société, bateau = terre, planches = théâtre social, le voyage = vie parcourue

a. Le symbolisme du bateau glissant :• 'navire glissant' crée atmosphère calme mais qui peut être bouleversé à tout moment par caractère imprévisible des 'gouffres amers' (métaphore mer)
• Répétit
ion consonne en 'v, s et f' traduit doux sifflement renforçant idée calme et harmonie
==> H et P devraient être
solidaire car embarqué dans même voyage de la vie, sur bateau symbole de Terre, tjrs menacé par naufrage : condition humaine devrait les réunirent

b. Le symbolisme de l'équipage :• Equipage tjrs envisagé comme ensemble anonyme, indifférencié ('L'un, l'autre, ils') : masse généralisé qui représente société
Idée équipage société travaille pour avancer, souci occupation, labeur où P pas place
• Planches peut aussi = ter
re cultivée : monde gros blocs déplacés, sillon alignés qui remplace nature.
• Equipa
ge trop pieds sur terre, matérialiste, voit pas + loin (pas moindre idée du monde P-A)
• Monde sans hauteur,
élévation, spiritualité, recherche question sur monde...

c. L'albatros symbole du poète :
Dans son monde de l'espri
t :
• Oiseau donne Aspect su
blime, majesté, fluidité et donc prestance d'esprit
•A
vit espace aérien = P vit monde imaginaire, libre, évasion, hors de portée, spirituel (celui de la pensée donc infini) et > bas monde social qui reste horizontal
• C'es
t P qui s'amuse flèches, moqueries envoyé par ceux qui rasent terre. Certain mépris renvoyé
Par rapport aux autre
s :
• B donne image P vivant
monde à part. Se laisse porter au dessus et descendu terre devient maladroit, ridicule car dépaysé, loin de air, lumière, pays qui lui ressemble : c'est pour ça qu'il sait pas marcher au rythme mesquineries, qu'il a honte (adverbe 'piteusement')
• 'exil
e sur le sol' comme A, P inadapté monde H, trouve pas sa place ; mais destiné à celui du Ciel
• Victime cruauté
H ordinaires : A et en même tps P agressé par moqueries (hostilité avec 'huées')
• P
incompris de société et ses ailes, c'est-à-dire son génie, le gêne. Dernier vers admirable car synthétique du drame P : sa grandeur fait sa misère
• Même souveraineté so
litude, mais même déchéance lorsqu'il redescend niveau société
Qu'est-ce qui fai
t la chute du poète oiseau ?
Peut
-être nécessité, manque de recettes : sait-il se débrouiller seul, dans société où faut marcher au pas du travail, où rêve = perte de tps ? Sa chute a peut-être pour origine décalage entre ce société exige et ce qu'il rêve de lui donner : c'est un marginal

CONCLUSION:
• Par biai
s métaphores, comparaisons et antithèses, B réussit à transmettre idée au lecteur.
Poème s'inscrit parfaitement dans 'mal de vivre' P, d'où sa grande popularité en litt.
• B débute d'abord par r
écit voyage, puis glisse vers ridiculisation A pour finalement l'identifier au P. Points communs : solitude, exclusion, mépris et objet de railleries sont lot quotidiens.

# Posté le samedi 11 novembre 2006 08:46

Le THéâtre

Le THéâtre
Nouveau thème: le théâtre avec Tartuffe de Molière
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# Posté le samedi 11 novembre 2006 10:42